Après l'affaire Snowden, Obama promet «une nouvelle ère» de la surveillance

ETATS-UNIS Le président américain a notamment souligné vendredi que les Etats-Unis ne souhaitaient pas espionner «les citoyens ordinaires»...

avec AFP

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Barack Obama à la Maison Blanche le 9 août 2013.
Barack Obama à la Maison Blanche le 9 août 2013. — Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Le président américain Barack Obama a annoncé vendredi une série de mesures visant à «davantage de transparence» mais démenti tout abus dans les programmes de surveillance de la NSA, après la polémique déclenchée par les révélations d'Edward Snowden.

«Je vais travailler avec le Congrès pour mettre en place des réformes appropriées» de la disposition du Patriot Act qui prévoit la collecte des métadonnées téléphoniques (durée des appels, numéros appelés) par la puissante agence de renseignement chargée des interceptions électroniques.

«Davantage de garde-fous»

Après que son administration s'est retrouvée sur la défensive depuis les révélations début juin sur l'ampleur de ces programmes par l'ancien consultant du renseignement Edward Snowden, Obama a promis une «nouvelle ère» dans le renseignement avec «davantage de supervision, davantage de transparence et de garde-fous», lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Interrogé sur le jeune consultant réfugié en Russie, le président a estimé qu'il n'était pas «un patriote».

Le programme de collecte des métadonnées téléphoniques est «un outil important dans nos efforts pour prévenir les complots terroristes», a rappelé Barack Obama, qui a réaffirmé que le gouvernement n'écoutait pas les appels téléphoniques des Américains. «Mais étant donné la taille de ce programme, je comprends les inquiétudes de ceux qui craignent des abus», a-t-il expliqué, assurant que les Etats-Unis ne souhaitaient pas espionner «les citoyens ordinaires».

«Assurer l'équilibre entre sécurité et vie privée»

Parmi les mesures envisagées, le président américain a évoqué le renforcement de la supervision par la Cour de surveillance du renseignement étranger (la FISC), un tribunal secret de 11 juges qui autorise la NSA à réclamer auprès des opérateurs téléphoniques et internet les données de leurs clients. Jusqu'à maintenant les juges tranchaient sur des requêtes du gouvernement sans contradiction. Le président a dit qu'il envisageait d'instaurer une «voix indépendante» dans le dialogue avec la cour pour «assurer l'équilibre entre sécurité et vie privée».

Autre mesure, la divulgation «d'autant d'informations que possible sur ces programmes» de surveillance, a énuméré Barack Obama. «Nous avons déjà déclassifié un nombre d'informations à propos de la NSA sans précédent. Mais nous pouvons aller plus loin», a-t-il expliqué, évoquant notamment la justification juridique du programme de collecte des métadonnées.

Un responsable chargé de la vie privée à la NSA

Enfin, la NSA (National Security Agency) nommera un responsable chargé de la vie privée et des libertés publiques tandis qu'un site internet qui «servira de plate-forme à davantage de transparence» sur «ce que font et ne font pas» les agences de renseignement, a annoncé le président.

«Quant aux autres dans le monde, je veux encore une fois rappeler que l'Amérique ne s'intéresse pas à l'espionnage des gens ordinaires. Nos services de renseignement se concentrent sur la recherche d'informations nécessaires pour protéger son peuple et, dans de nombreux cas, protéger ses alliés», a-t-il plaidé.

La révélation du programme de surveillance d'internet, baptisé PRISM, a ulcéré de nombreux pays alliés des Etats-Unis, notamment l'Allemagne.