L'Italie durcit sa législation contre les violences contre les femmes

avec AFP

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Le gouvernement italien a annoncé jeudi l'adoption d'un décret-loi, qui devra être validé rapidement par le parlement, pour durcir les sanctions en cas de violences contre les femmes. «Adoption ce matin en conseil des ministres du décret contenant les nouvelles normes contre le féminicide. Nous l'avions promis, nous le faisons», a annoncé via twitter le chef du gouvernement Enrico Letta.

Un «changement radical» d'attitude

Le Premier ministre s'est félicité ensuite en conférence de presse de ce «signal fort d'un changement radical» d'attitude et «de lutte sans quartiers» contre le «triste phénomène du féminicide», se disant «fier» de l'adoption d'un texte constitué de 12 mesures. Selon le syndicat Cgil, au cours des six premiers mois de 2013, un total de 81 femmes ont été tuées en Italie, dans 75% des cas par leur compagnon ou un membre de leur famille. En 2012, 124 femmes avaient été tuées en Italie.

Le décret prévoit notamment des peines plus dures et des circonstances aggravantes quand, par exemple, les violences sont commises devant un mineur ou sur une femme enceinte. Une fois qu'une plainte sera présentée, elle ne pourra plus être retirée et les poursuites seront obligatoires. Obligatoire aussi l'arrestation des agresseurs surpris en flagrant délit de harcèlement (stalking) ou de mauvais traitements. Les maris violents seront immédiatement chassés du domicile familial et les victimes de violences constamment informées de l'état des poursuites contre leur agresseur (notamment son éventuelle remise en liberté). Des aides financières sont prévues pour les victimes quels que soient leurs revenus ainsi qu'un permis de séjour humanitaire pour les étrangères victimes de violences.

Mieux protéger les victimes

Le ministre de l'Intérieur Angelino Alfano a souligné que le décret loi avait «trois objectifs: prévenir la violence, la punir de manière certaine, protéger les victimes». «Nous avons organisé le texte de façon d'abord à intervenir en temps voulu, puis de protéger les victimes, punir le coupable et d'agir pour éviter que les persécutions n'aboutissent à un homicide», a-t-il assuré.

A la mi-juin, l'Italie avait été le cinquième Etat membre du Conseil de l'Europe à ratifier la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, dite Convention d'Istanbul. Ouverte à la signature en mai 2011, elle a été signée par 25 Etats membres du Conseil de l'Europe mais pour entrer en vigueur elle doit être ratifiée par dix pays, dont 8 Etats membres du Conseil de l'Europe.