Hosham Dawod : «L'Irak n'a pas encore touché le fond»

©2006 20 minutes

— 

Interview de Hosham Dawod, anthropologue, spécialiste de l'Irak au CNRS.

La communauté sunnite d'Irak dénonce depuis plusieurs mois les exactions d'escadrons de la mort chiite, ceux-ci pourraient-ils être à l'origine de l'enlèvement d'hier ?

Etant donné la violence confessionnelle qui a cours dans le pays, n'importe quel acte hostile peut être perpétré par n'importe qui. Actuellement, il est donc impossible de dire qui est derrière ce kidnapping.

Certains accusent le ministère de l'Intérieur d'être lié à cet enlèvement, qui a visé un ministère tenu par un sunnite...

Dans le contexte actuel, il n'est pas impossible que le ministère de l'Intérieur soit impliqué dans cet enlèvement. Les Irakiens n'ont à juste titre aucune confiance dans ce ministère et ses forces de police. Une multitude d'acteurs sont toutefois susceptibles de perpétrer de tels actes, dans les rangs chiites comme sunnites, où sévissent des terroristes jusqu'au-boutistes qui veulent faire échouer toute amorce de dialogue entre communautés. Mais ce qui est certain, c'est que l'Irak n'a pas encore touché le fond et que la violence va encore monter d'un cran dans les mois qui viennent.