Deux jeunes Britanniques attaquées à l'acide à Zanzibar

FAITS DIVERS Les deux jeunes femmes ont été blessées à la poitrine, au visage et aux mains, mais leurs vies ne seraient pas en danger...

avec AFP

— 

L'île de Zanzibar appartient à la Tanzanie.
L'île de Zanzibar appartient à la Tanzanie. — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Deux jeunes femmes britanniques ont été attaquées mercredi soir à l'acide à Zanzibar, une agression encore inédite contre des étrangers sur le touristique archipel autonome de Tanzanie, a annoncé ce jeudi la police locale.

«La police à Zanzibar a lancé une chasse à l'homme» pour retrouver les agresseurs des deux jeunes femmes de 18 ans, a ajouté le numéro deux de la police locale, Mkadam Khamis. Il a appelé la population à coopérer pour «identifier les agresseurs», précisant que le motif de l'attaque n'avait pas encore été établi.

Blessées à la poitrine, au visage et aux mains

«Nous sommes au courant de l'incident et nous fournissons une aide consulaire», a déclaré le Foreign Office, sans donner plus de précisions. Le ministère britannique des Affaires étrangères a confirmé l'attaque. Selon un haut responsable du ministère de la Santé de Zanzibar, Saleh Mohammed Jidawi, les Britanniques ont été blessées à la poitrine, au visage et aux mains, mais leurs vies ne seraient pas en danger. Elles «ont été rapidement envoyées à Dar es Salaam pour traitement», a-t-il ajouté.

Les deux jeunes femmes, originaires de Londres selon l'agence britannique Press Association (PA), travaillaient comme bénévoles dans une école. Elles s'étaient rendues en Tanzanie avec une association basée dans la région du Kent, dans le sud l'Angleterre, et étaient dans la dernière semaine de leur séjour, toujours selon PA.

Menace pour le tourisme

Mercredi soir, alles ont été attaquées un peu avant 20h locales (19h à Paris), alors que la population de l'archipel à grande majorité musulmane célébrait la fin du ramadan, a précisé le responsable policier. Elles ont été agressées par deux jeunes gens conduisant un scooter, alors qu'elles marchaient dans les rues étroites de Stone Town, le centre historique de Zanzibar, classé au patrimoine de l'Unesco, a-t-il précisé. 

L'archipel de Zanzibar, peuplée de quelque 1,2 million d'habitants,  tire l'essentiel de ses revenus en devises étrangères du tourisme. Ses îles sont célèbres pour Stone Town, mais aussi leurs plages de sable blanc. L'attaque «pourrait menacer le tourisme», a averti ce jeudi Abdul Samad, président de l'Association des professionnels du tourisme.

Tensions religieuses

L'archipel a été le théâtre de plusieurs attaques ces derniers mois, mais perpétrées contre des locaux. En novembre, un imam avait été attaqué à l'acide. Le mois suivant, un prêtre catholique avait été blessé par balle, et un autre abattu en février. Ces attaques, ainsi que d'autres sur le continent en Tanzanie, ont entraîné des tensions religieuses dans le pays. Musulmans -estimés à 35% de la population- et chrétiens -estimés à entre 30 à 45%- cohabitaient jusqu'ici pacifiquement en Tanzanie.

En mai, une attaque contre une église, qualifiée «d'attaque terroriste» par le président tanzanien Jakaya Kikwete, avait fait trois morts et plus de 60 blessés à Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Des incidents liés à un conflit autour de l'abattage rituel du bétail de boucherie ont aussi ces derniers mois opposé chrétiens et musulmans dans le sud du pays. Des émeutiers chrétiens ont notamment tenté d'incendier une mosquée.

Des églises ont aussi été saccagées à Dar es Salaam en octobre, dans des émeutes déclenchées cette fois par une rumeur selon laquelle un garçon chrétien avait uriné sur le Coran d'un camarade musulman. Dans ses conseils aux voyageurs, le Foreign Office note que les déplacements en Tanzanie s'effectuent généralement sans heurts, mais que la criminalité, violente et armée, augmente, notamment à Zanzibar.