Enfants tués par un python au Canada: Le propriétaire du python n'avait pas de permis

FAITS DIVERS Le reptile faisait office d'animal de compagnie pour le propriétaire de l'animalerie exotique située juste en-dessous de l'appartement où s'est joué le drame...

avec AFP

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Un python africain, dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud.
Un python africain, dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud. — RUDI HULSHOF / CATERS NOUVELLES / SIPA

Le propriétaire du python qui a étouffé deux frères dans leur sommeil au Canada ne disposait pas de permis l'autorisant à garder un tel animal sauvage chez lui, selon les autorités. Connor et Noah Barthe, qui auraient eu prochainement 7 et 5 ans, ont été retrouvés morts lundi matin dans le salon de l'appartement du père de leur ami, Jean-Claude Savoie, où se trouvait aussi le python d'Afrique dans sa cage de verre.

Ces deux jeunes enfants sont sur pratiquement toutes les photos de la galerie du compte Facebook de leur maman, Mandy Trecartin, et animaux et reptiles semblaient faire partie de leur environnement. Deux photos montrent Connor avec un serpent des blés dans les bras, posant devant une cage de verre. Les nombreuses photos d'animaux de ferme comme des chevaux, des lapins, une chèvre ou des chats et des chiens illustrent les propos du grand-oncle maternel Dave Rose qui a décrit la passion des garçons pour les animaux.

Animal de compagnie

C'est cette habitude que les garçons avaient de jouer à la ferme qui a pu causer leur perte. «Un serpent ne voit pas très bien la nuit» et si les enfants, tout en dégageant de la chaleur, transportaient l'odeur des chèvres, le python a pu être attiré, explique Marion Desmarchelière, professeure en médecine zoologique au Collège vétérinaire de l'Atlantique.

Le reptile de 4 mètres de long et de 45 kilos faisait office d'animal de compagnie pour le propriétaire de l'animalerie exotique située juste en-dessous de l'appartement où s'est joué le drame. Selon les résultats préliminaires de l'autopsie, les deux frères «sont décédés par asphyxie», a indiqué mercredi la Gendarmerie Royale du Canada (GRC, police fédérale). Ces premières conclusions confirment la thèse de l'étranglement par le reptile sur qui une autopsie a également été pratiquée.

«Les restes du serpent sont entre les mains d'un vétérinaire du gouvernement provincial et ils seront détruits», a noté la GRC. Les autorités ont souligné qu'elles attendaient le rapport final de l'autopsie et que l'enquête sera longue. Néanmoins, il est clair que ce python n'aurait jamais dû se trouver dans le même logement que les jeunes garçons, pas plus que dans l'animalerie.

Une espèce interdite dans la province

Les autorités de la province du Nouveau-Brunswick ont rappelé mercredi que «ces espèces de serpent sont interdites» dans la province. «Nous n'avons jamais eu connaissance de l'existence de ce python Seba d'Afrique avant cette tragédie», a indiqué Ann Bull, porte-parole du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick. Et aucun permis n'avait été délivré à Jean-Claude Savoie pour ce python, a-t-elle ajouté.

Le sergent Alain Tremblay de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) a pointé l'incongruité d'une enquête peu ordinaire, dont le suspect est un animal de compagnie qui est aussi une bête sauvage. «On traite l'affaire comme une scène de crime et ce n'est pas une situation standard», avait-il expliqué.