Kenya: Les vols internationaux reprennent au lendemain de l'incendie à Nairobi

MONDE Deux premiers vols internationaux, en provenance de Londres et de Bangkok, ont atterri ce jeudi matin...

avec AFP

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L'aéroport international de Nairobi, hub aérien africain ravagé mercredi par un gigantesque incendie qui a fait d'énormes dégâts mais aucune victime, s'apprêtait jeudi matin à accueillir de premiers vols internationaux.
L'aéroport international de Nairobi, hub aérien africain ravagé mercredi par un gigantesque incendie qui a fait d'énormes dégâts mais aucune victime, s'apprêtait jeudi matin à accueillir de premiers vols internationaux. — - AFP

L'aéroport international de Nairobi, hub aérien africain ravagé mercredi par un gigantesque incendie qui a fait d'énormes dégâts mais aucune victime, a accueilli ce jeudi matin deux premiers vols internationaux. «Ce matin, nous avons accueilli deux vols de Londres et de Bangkok», a affirmé Eric Kiraithe, chef de la sécurité de l'aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA). Les avions ont atterri au terminal réservé aux vols intérieurs, épargné par l'incendie.

«Nous sommes confiants dans le fait de pouvoir continuer avec d'autres vols au cours de la journée, même si nous ne serons pas entièrement opérationnels», a-t-il ajouté, précisant que des passagers au départ de Nairobi et à destination de Paris et de Johannesburg notamment, étaient en cours d'enregistrement.

Aucune information n'a encore été fournie sur la reprise des vols internationaux par d'autres compagnies que Kenya Airways. Des vols intérieurs avaient pu reprendre dans la soirée mercredi. Les vols intérieurs et le transport de fret ont eux repris mercredi soir.

Ouverture d'une enquête

L'impressionnant incendie, qui avait contraint les compagnies aériennes à annuler ou dérouter l'ensemble des vols internationaux, a été maîtrisé mercredi mais, pendant plusieurs heures, de gigantesques flammes et nuages de fumées noires ont été observés à des kilomètres à la ronde. Des parties de l'aéroport se sont effondrées et les secours, bien que déployés rapidement selon des témoins, ont manqué de ressources.

Malgré tout, «aucune victime n'a été signalée dans l'incendie», a indiqué Nelly Muluka, porte-parole de la Croix-Rouge kényane. Le patron de Kenya Airways, Titus Naikuni, a de son côté simplement indiqué qu'un employé de la compagnie aérienne et un passager, victimes de l'inhalation de fumées toxiques, avaient été transférés à l'hôpital mais ne semblaient pas en danger.

La cause de l'incendie n'a pas encore été déterminée, mais le chef de la police kényane, David Kimaiyo, a annoncé l'ouverture d'une enquête. Des vols prévus sur Nairobi ont été déroutés sur d'autres aéroports, dont celui de Mombasa, la grande ville côtière kényane sur l'Océan Indien.

Le président Kenyatta sur place

La compagnie aérienne Kenya Airways a annoncé l'annulation mercredi de tous ses vols internationaux. Parmi les autres compagnies affectées, British Airways a annoncé l'annulation d'un vol, la compagnie aérienne néérlandaise KLM quatre et South African Airways deux. Des dizaines de milliers de passagers affectés Des dizaines de milliers de passagers risquent d'être touchés par la paralysie de l'un des principaux hubs aériens d'Afrique.

L'aéroport JKIA, par lequel transitent quelque 16.000 passagers tous les jours selon les autorités kényanes, et  vu l'an dernier passer 6,2 millions de passagers, assure de nombreux vols intérieurs, mais dessert aussi de nombreuses capitales africaines et plusieurs destinations européennes, asiatiques et du Moyen-Orient .Le mois d'août est particulièrement chargé: les touristes occidentaux en vacances d'été, friands des parcs animaliers kényans et de ses côtes de sable blanc, y affluent alors.

«Nous transférons les passagers dans des hôtels, mais ce n'est pas facile,» a affirmé une hôtesse de l'air de Kenya Airways. «La plupart sont pleins, parce que la haute saison vient de commencer.» Tôt mercredi, le président kényan, Uhuru Kenyatta, dont le père, premier président du Kenya, a donné son nom à l'aéroport international, s'est rendu sur les lieux de la catastrophe pour évaluer l'ampleur des dégâts.

«Evénement tragique»

Qualifiant l'incendie «d'événement tragique», il a promis que tous les efforts seraient entrepris pour un retour à la normale le plus rapidement possible. Le président américain Barack Obama a appelé M. Kenyatta pour lui proposer l'aide des Etats-Unis, a déclaré la Maison Blanche à Washington. Un responsable du ministère kényan de l'Intérieur, Mutea Iringo, a affirmé que des secteurs arrivées et immigration de l'aéroport avaient été «entièrement détruits».

«Il s'agit d'une crise majeure», a renchéri le ministre des Transports, Michael Kamau. Une témoin venue attendre un passager à JKIA, Sylvia Amondi, a évoqué une situation de «chaos dans tout l'aéroport». «On ne nous a pas dit quelle était la cause de l'incendie, mais il y a de la suie partout,» a-t-elle poursuivi, ajoutant qu'une partie du toit des arrivées internationales s'était «effondrée».

L'aéroport de Nairobi est desservi par une voie express qui relie la capitale kényane à l'important port de Mombasa. L'axe est régulièrement en proie à de massifs embouteillages. Deux jours avant cet incendie majeur, l'activité de l'aéroport avait déjà été sérieusement perturbée par des problèmes d'approvisionnement en kérosène.

Le feu s'est déclenché 15 ans jour pour jour après la double attaque contre les ambassades américaines à Nairobi et Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie voisine. Ces attentats, perpétrés par Al-Qaïda, avaient fait 224 morts. Rien n'indiquait cependant à ce stade que l'incendie pourrait être d'origine criminelle. «Il n'y a aucune raison de spéculer à ce stade,» a affirmé dans un communiqué le porte-parole du président Kenyatta, Manoah Esipisu.