Bahreïn: Une loi pour interdire les manifestations à Manama

avec AFP

— 

Le roi de Bahreïn a amendé la loi sur les rassemblements publics en interdisant toute manifestation dans la capitale Manama, a annoncé l'agence de presse Bna. Cette annonce, faite tard dans la soirée mardi, intervient à quelques jours d'une grande manifestation à l'appel d'opposants chiites prévue pour le 14 août.

Le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa, dont le pays est secoué depuis 2011 par une contestation de chiites, interdit par cet amendement «toute manifestation, rassemblement ou sit-in à Manama, à l'exception des sit-in devant les bureaux d'organisations internationales», qui peuvent se tenir après une autorisation préalable de la police.

Durcissement des peines pour les auteurs de violences

Les autorités avaient déjà interdit la manifestation du 14 août, appelée par le mouvement Tamarrod (rébellion) local qui veut organiser ce rassemblement sur le style de celui qui avait abouti en Egypte au départ du président islamiste Mohamed Morsi. Le roi a également amendé une deuxième loi pour alourdir les peines de prison pour les parents dont les enfants participeraient à des manifestations à un an minimum ou à une amende, ou aux deux à la fois.

Début août, le roi de Bahreïn avait promulgué par décrets deux autres lois durcissant les peines pour les auteurs de violences. Ces deux textes concernaient les auteurs d'«actes terroristes». Ils ont été promulgués sur recommandation du Parlement, boycotté par l'opposition chiite, qui a tenu une séance spéciale en dépit des vacances parlementaires. Cette réunion avait été décidée après la multiplication d'actes de violences dirigés essentiellement contre les forces de l'ordre.

L'opposition, dominée par les chiites, milite pour une véritable monarchie constitutionnelle. Elle a toujours prôné des moyens pacifiques pour faire aboutir ses demandes, mais des petits groupes d'opposants plus radicaux sont responsables des heurts qui se produisent périodiquement entre forces de l'ordre et manifestants dans les villages chiites. Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.