Tunisie: Amina, la Femen emprisonnée depuis mai, est libre

JUSTICE Amina Sbouï a quitté la prison des femmes près de Sousse en fin d'après-midi ce jeudi...

avec AFP

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La Femen tunisienne Amina Sbouï le 22 juillet 2013.
La Femen tunisienne Amina Sbouï le 22 juillet 2013. — AP/SIPA

Amina Sbouï, militante tunisienne du groupe seins nus Femen détenue depuis la mi-mai, a été remise en liberté jeudi dans l'attente d'un procès, une affaire devenue un symbole pour les détracteurs des islamistes au pouvoir en Tunisie.

La jeune fille est sortie en fin d'après-midi de la prison pour femmes près de Sousse (140 km au Sud de Tunis) et son comité de soutien a diffusé une photo d'elle faisant le V le la victoire après sa libération.

«Elle est en famille, j'espère qu'elle sera sécurisée au maximum», a déclaré à l'AFP l'un de ses conseils, Ghazi Mrabet. Amina a été menacée par le passé par la mouvance islamiste radicale.

Un procès à venir pour profanation de sépulture

Quelques heures plus tôt, la justice avait décidé de la libérer la jeune femme dans l'attente de son procès pour profanation de sépulture.

«C'est une grande surprise, la chambre d'accusation de Sousse a ordonné la remise en liberté», a déclaré l'un des avocats d'Amina, Me Halim Meddeb. Plusieurs demandes avaient été rejetées par le passé.

Elle risque 2 ans de prison

Amina, 18 ans, reste inculpée pour avoir peint le mot «Femen» sur le muret d'un cimetière de Kairouan (150 km au sud de Tunis) dans le but de dénoncer un rassemblement d'un mouvement salafiste interdit par les autorités.

La profanation est passible de deux ans de prison ferme en Tunisie.

La justice avait néanmoins abandonné ces dernières semaines des poursuites à l'encontre d'Amina, pour outrage à des gardiennes de prison et atteinte à la pudeur.

La mère d'Amina, que la jeune fille a accusée de l'avoir séquestrée après la publication des clichés dénudés, a exprimé à l'AFP sa joie de voir sa fille libérée.

«Je suis heureuse, je vais tenir enfin ma fille entre mes bras, la justice a montré qu'elle était indépendante», a-t-elle dit.

Le placement en détention d'Amina avait déclenché un vaste mouvement de solidarité en Tunisie comme à l'étranger, ONG, opposants et militants des droits de l'Homme voyant dans son arrestation une preuve du puritanisme que les islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement, veulent imposer à la Tunisie.

«Soulagement de tous ceux qui sont attachés à la liberté d'expression»

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement français et ministre des Droits des femmes, a exprimé le «soulagement de tous ceux qui sont attachés à la liberté d'expression».

L'opposition laïque accuse régulièrement le gouvernement dirigé par Ennahda de chercher à juguler la liberté d'expression et à revenir sur les acquis des Tunisiennes, qui bénéficient de la législation la plus libérale du monde arabe sans pour autant que l'égalité des sexes soit garantie.