Espagne: Le Premier ministre, touché par un scandale de corruption, dit «s'être trompé»

MONDE Il a pris la parole ce jeudi devant les députés pour fournir les «clarifications nécessaires» sur «l'affaire Barcenas», du nom de l'ex-trésorier de son parti Luis Barcenas...

avec AFP

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Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse.
Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse. — D. OCHOA DE OLZA / AP / SIPA

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s'est exprimé ce jeudi devant les députés pour fournir les «clarifications nécessaires» sur «l'affaire Barcenas», un scandale de corruption dans lequel son nom a été cité. «Je me présente devant les députés pour fournir les clarifications nécessaires sur la situation que nous vivons», a affirmé Mariano Rajoy en commençant son intervention. Il a entend «démentir les mensonges et manipulations» le concernant. Il a affirmé s'être trompé en «faisant confiance» à l'ex-trésorier de son parti Luis Barcenas, en prison pour corruption.

Lors de cette intervention qui a duré une heure, il a assuré: «Je ne vais ni démissionner, ni organiser des élections.» «Rien de ce qui est lié à ce sujet ne m'a empêché ou ne m'empêchera de gouverner. Rien de cela ne touche, limite ou conditionne l'agenda du gouvernement», a-t-il déclaré.

Ses explications étaient très attendues. Sous forte pression politique depuis que son nom est apparu dans ce scandale, le chef du gouvernement entend donner sa version. L'exercice est délicat pour le chef du Parti populaire qui, malgré sa confortable majorité absolue au Parlement, se retrouve en posture difficile, aux prises avec des soupçons de corruption qui, en pleine crise économique, ont déjà entamé sa crédibilité.

Rajoy aurait perçu, entre 1997 et 2008, «des paiements pour un montant total de 25.200 euros par an»

Le scandale, du nom de Luis Barcenas, intendant puis trésorier de 1990 à 2009 du Parti populaire, présidé par Mariano Rajoy depuis 2004, avait éclaté en janvier avec la publication dans la presse de documents révélant une présumée comptabilité parallèle au sein du parti. Le nom de Mariano Rajoy apparaissait pour la première fois le 31 janvier dans des notes publiées par El Pais, devenues célèbres sous le nom des «notes de Barcenas». Selon ces documents, le chef du gouvernement aurait perçu, entre 1997 et 2008, «des paiements pour un montant total de 25.200 euros par an» provenant de dons de chefs d'entreprises privées. Le journal El Mundo a calculé récemment que c'est une somme totale de «343.700 euros» que l'ex-trésorier aurait destinée à Mariano Rajoy durant une vingtaine d'années.

Jamais, depuis que le scandale a éclaté, le chef du gouvernement, au pouvoir depuis la fin 2011, n'a donné d'explications au pays même s'il avait, dès février, nié avoir touché de l'argent au noir. Mais face aux soupçons qui se sont installés, au mécontentement d'une partie de l'opinion publique et aux pressions politiques, la stratégie semble avoir changé. «J'ai compris que face aux doutes que peuvent avoir de nombreaux citoyens espagnols, il est bon que je m'adresse au Parlement», annonçait-il le 22 juillet, en promettant que ces explications, au-delà du seul cadre de «l'affaire Barcenas», porteront «sur la situation économique que vit le pays».