Dominique Strauss-Kahn, conseiller spécial du gouvernement serbe?

MONDE C'est en tout cas ce que lui a proposé le vice-premier ministre...

M. Go. avec AFP

— 

Dominique Strauss-Kahn, le 11 juin 2013 à Paris.
Dominique Strauss-Kahn, le 11 juin 2013 à Paris. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Décrédibilisé en France, DSK peut-il servir dans des gouvernements étrangers? Le vice-Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, a indiqué mercredi avoir parlé avec l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, concernant son possible engagement en tant que conseiller auprès du gouvernement. «Nous avons parlé très brièvement d'une possibilité de coopération», a déclaré Vucic à la télévision privée B92.

Strauss-Kahn «ne sera certainement pas ministre, mais il pourrait être conseiller» qui aiderait le gouvernement à «gérer la dette publique» et à résoudre d'autres problèmes économiques, a indiqué Vucic sans fournir plus de détails.

Une source gouvernementale a indiqué mardi à l’AFP que, dans le cadre de préparatifs pour un remaniement du gouvernement, les autorités serbes avaient pris contact avec Strauss-Kahn, mais une source de l'entourage de l'économiste avait vivement démenti cette information.

«Nous n'avons établi qu'un premier contact», mais il demandait «beaucoup d'argent» pour ses services, a précisé cette source alors que DSK a indiqué récemment qu’un retour en politique était exclu.

Les accusations? Le problème «d’autres pays»

L'ancien patron du FMI, qui a échappé au procès aux États-Unis après l’affaire du Sofitel, sera toutefois jugé en France l'an prochain avec douze autres personnes pour «proxénétisme aggravé en réunion» dans l’affaire du Carlton.

Vucic a indiqué que les accusation pesant contre M. Strauss-Kahn étaient «le problème d'autres pays» et pas celui de la Serbie.

Strauss-Kahn officie actuellement en tant que conférencier et consultant en France et à l'étranger. Il a déjà été accueilli dans ce cadre au Royaume-Uni, en Russie, en Ukraine, au Maroc, en Corée du Sud.

La Serbie confrontée à la dette

Après un an de travail, le gouvernement serbe a annoncé pour les prochaines semaines un remaniement qui devrait lui permettre de se concentrer sur les négociations d'adhésion à l'Union européenne ainsi que sur un redressement économique du pays.

La Serbie, qui a obtenu en juin le feu vert pour l'ouverture d'ici janvier de négociations d'adhésion à l'UE, a vu en 2012 son économie se contracter de 1,7%, sa dette publique dépasser 60% du Produit intérieur brut (PIB), tandis que le taux de chômage y a atteint 24%.

Le Premier ministre, Ivica Dacic, a annoncé vouloir remplacer, lors du remaniement, le ministre des Finances et de l'Économie, Mladjan Dinkic, afin d'accélérer le redressement économique.