Surveillance électronique: XKeyscore, la dernière arme de la NSA

ETATS-UNIS Selon de nouveaux documents publiés par le «Guardian», l'agence américaine peut suivre «à peu près tout ce qu'un utilisateur lambda» fait sur Internet...

P.B. avec AFP

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Des racks de serveurs d'un «data center»
Des racks de serveurs d'un «data center» — S.LINDHOLM/AP/SIPA

Après PRISM, voici XKeyscore. Selon une nouvelle salve de documents fournis par Edward Snowden au Guardian, ce programme secret de surveillance d'Internet permet au renseignement américain de suivre «à peu près tout ce qu'un utilisateur lambda».

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Citant des documents fournis par Edward Snowden, à l'origine des récentes révélations sur l'ampleur de la surveillance américaine des communications, le Guardian assure que XKeyscore est le programme de l'Agence de sécurité nationale (NSA) qui permet la surveillance la plus large de la toile.

 

Sur son site, le quotidien reproduit une série de pages apparemment issues d'une séance de formation destinée à du personnel du renseignement américain. Selon ces documents, XKeyscore permet aux agents qui l'utilisent de surveiller en temps réel les emails, les recherches, l'utilisation des réseaux sociaux ou toute autre action effectuée sur Internet pour remonter vers une cible. En surveillant une adresse email spécifique, l'agence peut notamment intercepter le contenu de ses futurs messages.

 

Le programme repose sur l'utilisation de quelque 500 serveurs disséminés dans le monde, y compris en Russie, en Chine ou au Venezuela. Contrairement aux autres systèmes de surveillance dont l'existence a déjà été révélée, il offre la possibilité de travailler sans connaître un identifiant «fort», comme l'adresse email, d'une cible. XKeyscore permet par exemple de remonter jusqu'à une personne à partir d'une simple recherche effectuée sur le Web.

 

Un sénateur démocrate s'en prend à la NSA

 

Parmi les exemples donnés de ce fonctionnement dans le Guardian, le cas de quelqu'un effectuant des recherches dans une langue peu utilisée dans une région donnée –l'allemand au Pakistan– ou celui d'un utilisateur de Google Maps se renseignant sur la configuration d'éventuelles cibles pour un attentat. Selon les documents, le logiciel a permis aux agents américains de capturer «plus de 300 terroristes».

 

Mercredi, le sénateur démocrate Al Franken s'en est pris à «l'opacité» du programme de surveillance de la NSA, censé éviter d'espionner des Américains. Mais selon lui, la flexibilité des règles permet à l'agence de contourner les restrictions de la loi. Il a promis de déposer un projet de loi visant à forcer la NSA à clarifier pour de bon ses pratiques. Pendant ce temps-là, l'ex-consultant Edward Snowden est toujours bloqué depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, en attendant que la Russie livre réponde à sa demande d'asile.