Egypte: Les pro-Morsi appellent à une manifestation massive

MONDE Ils sont décidés à poursuivre la mobilisation malgré les menaces des nouvelles autorités...

avec AFP

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Des partisans du président déchu issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, manifestent le 26 juillet 2013 à Nasr City, en Egypte.
Des partisans du président déchu issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, manifestent le 26 juillet 2013 à Nasr City, en Egypte. — Khalil Hamra/AP/SIPA

Les partisans de Mohamed Morsi ont appelé à de nouvelles manifestations massives mardi pour réclamer son retour au pouvoir en dépit des mises en gardes des nouvelles autorités ayant menacé de se montrer «fermes» face aux protestataires. Ils ont appelé à converger dès lundi soir vers «les bâtiments administratifs des forces de sécurité» pour dénoncer «l'usage de balles réelles contre des manifestants pacifiques» samedi. Ces heurts, qui ont été les plus meurtriers depuis la destitution du président Morsi, ont ravivé les tensions entre les deux camps qui se rejettent la responsabilité des violences.

Plusieurs ONG égyptiennes ont appelé lundi au départ du ministre de l'Intérieur après la mort samedi de 72 personnes dans les violences au Caire. Elles ont également appelé les Frères musulmans, qui mènent le mouvement réclamant le retour du président islamiste destitué le 3 juillet, à renoncer à la violence.

«Mesures décisives et fermes»

Dimanche, le Conseil de défense nationale, présidé par le chef de l'État par intérim Adly Mansour, a lancé une sévère mise en garde aux manifestants promettant des «mesures décisives et fermes» s'ils «outrepassaient leur droit à l'expression pacifique». L'armée a diffusé son propre avertissement tôt lundi dans des tracts adressés aux «honorables fils de la nation» lancés depuis des hélicoptères survolant le campement des pro-Morsi au Caire: «Nous vous appelons à ne pas vous approcher des installations ou unités militaires, aidez-nous à protéger votre sécurité».

Mais les pro-Morsi semblent déterminés. Ils ont appelé à une marche mardi réunissant «un million de manifestants» sous le slogan «les martyrs du coup d'État». «Descendez dans la rue et sur les places, pour reconquérir votre liberté, votre dignité --usurpées par un coup d'Etat sanglant-- et pour les droits des martyrs assassinés par les balles» du nouveau pouvoir, a exhorté la coalition islamiste.

Cet appel à manifester fait craindre une nouvelle flambée de violences alors que plus de 300 personnes sont mortes dans les troubles en Egypte en un peu plus d'un mois. Outre l'attaque de samedi, les violences politiques ont fait deux morts et une trentaine de blessés dimanche parmi les pro-Morsi. Un officier de police, blessé dans les violences de samedi, a succombé lundi, alors qu'un soldat a été tué dans la nuit de dimanche à lundi dans le Sinaï, région en proie à une rébellion larvée et où 10 militaires ont été tués depuis le début du soulèvement contre M. Morsi.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est au Caire 

L'impasse politique dans laquelle se trouve l'Égypte, bientôt quatre semaines après la destitution de Mohamed Morsi, a décidé la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton à revenir au Caire lundi, sa deuxième visite en moins de deux semaines. Catherine Ashton a eu de premiers entretiens avec les nouvelles autorités, notamment le vice-président aux Affaires internationales, Mohamed ElBaradei. Elle devait également rencontrer des responsables des Frères musulmans dont est issu M. Morsi ainsi que des responsables du mouvement Tamarrod (rébellion), à l'origine des manifestations monstres du 30 juin qui ont précédé le coup militaire ayant destitué M. Morsi. Mme Ashton a affirmé dans un communiqué qu'elle appellerait «à une transition (..) englobant les Frères musulmans».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pour sa part averti que chaque mort rendrait plus difficile la sortie de crise et le secrétaire d'État américain John Kerry s'est déclaré «très inquiet». Les partisans de M. Morsi ont affirmé, par l'intermédiaire d'un porte-parole des Frères musulmans, qu'ils accepteraient «toute initiative, pourvu qu'elle soit fondée sur la restauration de la légitimité et annule le coup d'Etat».

Depuis novembre, les opposants à M. Morsi lui reprochaient une volonté d'accaparer le pouvoir au profit des Frères musulmans.