2008, nouvelle frontière des électeurs

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Les urnes à peine refermées, l'Amérique n'a déjà plus qu'une échéance en tête : la présidentielle de 2008. Les candidats potentiels dont on murmure les noms ont dit qu'ils attendraient que ces élections de mi-mandat soient passées pour « prendre leur décision ». Tous vont donc éplucher le scrutin d'hier, dont les résultats devraient être connus ce matin, pour peser leurs chances. Puis les candidatures vont commencer à tomber pour une longue campagne de deux ans.

Une chose est sûre, la partie s'annonce très ouverte. George W. Bush ne peut se représenter et, fait rarissime dans l'histoire américaine, son vice-président Dick Cheney a déjà prévenu qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. Le sénateur républicain John McCain est en tête des sondages et sa candidature ne fait guère de doutes. Il est talonné par Rudolph Giuliani, qui semble plus indécis. Mais tous les deux ont le handicap d'être jugés trop centristes par la base républicaine, ce qui pourrait servir un homme comme Newt Gingrich, qui en 1994 mena la grande vague républicaine. Côté démocrate, Hillary Clinton est favorite. Mais, malgré son recentrage, elle conserve une image de « gauchiste », mal vue notamment dans le Sud. Barack Obama, sénateur noir de l'Illinois et coqueluche démocrate, pourrait en profiter, tout comme Al Gore, candidat malheureux en 2000, redevenu à la mode grâce à son engagement contre le réchauffement climatique. Il faudra aussi compter avec les nouveaux élus d'hier, notamment parmi les trente-six Etats qui renouvelaient leurs gouverneurs, d'où l'on pourrait voir émerger de nouvelles stars. Quatre des cinq derniers présidents américains avaient été gouverneurs avant de briguer la Maison Blanche.

A New York, Emmmanuel Saint-Martin