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Europe : la Turquie à la limite de l'agacement

Chaque semaine, de nouveaux sondages creusent le fossé entre la Turquie, candidate à l'Union européenne, et Bruxelles. Dans le dernier en date, 81 % des sondés estiment que l'Union européenne « n'est pas juste et sincère ». Et 70 % préféreraient susp...

Chaque semaine, de nouveaux sondages creusent le fossé entre la Turquie, candidate à l'Union européenne, et Bruxelles. Dans le dernier en date, 81 % des sondés estiment que l'Union européenne « n'est pas juste et sincère ». Et 70 % préféreraient suspendre les négociations d'adhésion que des concessions supplémentaires sur Chypre. Alors que le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn, doit remettre aujourd'hui un rapport très critique sur les progrès accomplis par Ankara, la Turquie, elle, sombre dans l'euroscepticisme.

Un an après l'ouverture des pourparlers célébrée dans l'euphorie, l'Europe ne fait plus recette. Le centre d'information sur l'UE d'Istanbul reçoit peu de visites. Les présentoirs restent couverts de brochures sur le fonctionnement des institutions. Pour la plupart des Turcs, l'Union européenne peine à s'incarner. Cengiz Aktar, professeur à l'université de Bahçesehir et spécialiste des questions européennes, estime qu'en Turquie « l'UE ressemble à un gros bâton. Mais il n'y a pas de carotte. » Seul, le bâton européen est régulièrement brandi pour rappeler que les réformes n'avancent pas assez vite, notamment sur le dossier chypriote ou sur les droits de l'homme. « Nous en avons assez des leçons des Européens, clame Metin, un étudiant, sur la grande avenue commerçante Istiklal. On nous demande plus d'efforts qu'à n'importe quel autre pays. » Un sentiment du deux poids deux mesures largement partagé en Turquie.

A Istanbul, Guillaume Perrier