Déraillement en Espagne: Le conducteur a raconté qu'il n'avait pu arrêter le train

ENQUETE Selon un témoin qui était sur les lieux juste après l'accident...

avec AFP

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Arrivée des secours après le déraillement du train à l'approche de Saint-Jacques-de-Compostelle, le 24 juillet 2013.
Arrivée des secours après le déraillement du train à l'approche de Saint-Jacques-de-Compostelle, le 24 juillet 2013. — CORRAL OSCAR/CHINE NOUVELLE/SIPA

Le conducteur du train accidenté mercredi à Sant-Jacques de Compostelle a raconté peu après le déraillement qu'il n'avait pas réussi à freiner parce que le convoi «allait trop vite», a raconté un témoin à la télévision espagnole Antena 3.

Selon ce riverain, Evaristo Iglesias, qui s'est précipité sur les lieux juste après l'accident pour porter secours aux blessés, le conducteur lui a confié qu'il allait trop vite et n'avait pas réussi à arrêter le train.

«Il disait qu'il aurait dû freiner et réduire sa vitesse à 80 mais qu'il n'avait pas pu, qu'il allait trop vite», a témoigné cet homme. «Il n'arrêtait pas de dire "Je veux mourir, je veux mourir". Il n'arrêtait pas de répéter cela, de dire qu'il ne voulait pas voir cela» , a ajouté Evaristo Iglesias dans cet entretien diffusé dimanche.

Blessé, le visage en sang, le conducteur, Francisco José Garzon Amo, avait été évacué par les secouristes et hospitalisé.

«Mon fiancé m'a dit: "Nous allons à 200 à l'heure"»

Une jeune passagère du train rescapée de l'accident, Carla Serrano, a elle raconté avoir vu inscrite la vitesse de 200 km/h sur l'écran d'information de son wagon, dans une interview avec la télévision publique.

«Nous sortions juste du tunnel et mon fiancé m'a dit: "Nous allons à 200 à l'heure". J'ai regardé et c'était vrai» , a assuré la jeune fille, qui revenait de Madrid où elle était allée voir une exposition consacrée à Salvador Dali.

«C'était horrible. Les gens étaient morts sur les voies» , a-t-elle témoigné, alors qu'elle même a été légèrement blessée.

Soixante-dix-neuf personnes ont été tuées dans le déraillement du train survenu à quatre kilomètres de Saint-Jacques de Compostelle, alors que le train s'engageait dans un virage très serré, où la vitesse est limitée à 80 km/h.

Le conducteur du train, âgé de 52 ans, a reconnu dans une liaison radio avec la gare, révélée par le quotidien El Pais, juste avant l'accident, qu'il roulait à 190 km/h au lieu de 80. Placé en garde à vue et accusé «d'homicide par imprudence», il devait être entendu dimanche par un juge au tribunal de Saint-Jacques de Compostelle.