Royal baby: «Les Français regardent ça avec une certaine envie»

Propos recueillis par Annabelle Laurent

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Le prince William et son épouse Kate ont présenté mardi mardi 23 juillet leur fils, devant l''hôpital St Mary de Londres où il est né.
Le prince William et son épouse Kate ont présenté mardi mardi 23 juillet leur fils, devant l''hôpital St Mary de Londres où il est né. — L. NEAL / AFP

Quelle curiosité pousse les Français, pourtant célèbres pour avoir décapité leur roi, à se passionner, de façon systématique et assez «décomplexée», pour les aventures des habitants de Buckingham Palace? Eléments de réponses par Philippe Chassaigne, professeur d'histoire et auteur d’une Histoire de l'Angleterre (Flammarion, 2008).

C’est l’Angleterre… «Toutes les familles royales ne sont pas sur le même plan. Douze pays européens ont une monarchie. Les hollandaise, belge, scandinaves, intéressent nettement moins de monde en France! Mais c’est l’Angleterre, notre meilleure ennemie…»

C’est une grande monarchie… «Et c’est une monarchie de premier plan qui a conservé tout le faste, toute la magnificence des grandes monarchies. Aussi bien aux funérailles de la Reine Mère en 2002 qu’au mariage du prince William et de Kate Middleton, ils ressortent le carrosse de cristal. En 2012 pour les 60 ans de règne de la reine Elizabeth II, ils avaient même ressorti les diamants. Les tiares, les robes, tous ces accessoires emblématiques de la royauté, ça fait rêver! Pas comme le prince des Pays-Bas qui se déplace à vélo dans les rues de la capitale».

C’est exotique… «C’est outre-manche, il y a l’alibi de l’exotisme, on peut se permettre plus de choses! On peut noter que la naissance de la fille de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, en octobre 2011, n’a pas du tout eu une couverture médiatique comparable à celle-ci. C’est aussi lié au fait que le président change tous les cinq ans, les Français sont conscients du caractère plus transitoire de la Présidence.»

C’est lié à notre histoire politique… «On suit la naissance du bébé royal avec curiosité, et une certaine envie. C’est quelque chose qui est enfoui dans notre ADN. Nous sommes fondamentalement républicains, mais nous avons quand même une certaine nostalgie de la monarchie d’ancien régime. Le succès des films comme Marie-Antoinette de Sofia Coppola en témoigne d’ailleurs! Le parallèle avec les Américains est intéressant. Il y a eu des éclairages à Times Square, les chaînes d’info se sont relayées pour assurer la couverture permanente de l’évènement… Et pourtant, ce sont des Républicains par excellence, ils ont coupé avec la monarchie britannique en 1783. Mais malgré tout, les liens culturels sont forts».

La Maison de France ne fait pas rêver… Peu de gens connaissent vraiment les Orléans, ils ne suscitent aucun intérêt, à part celui des lecteurs de Point de Vue peut-être!» 

Kate et William, ce sont des people… «Au cours des années 1980 et 1990, les membres de la famille royale sont devenus des people. L’utilisation de diminutifs le reflète bien. A la naissance du prince William il y a 31 ans, il y avait plus d’attention au protocole, moins de familiarité possible! On s’intéresse donc à Kate et William comme à des people, c’est vierge de tout engagement politique. Même s’ils sont des people avec quelque chose en plus. Pas tout à fait comme Nabilla non plus!»

>> Avez-vous suivi la naissance du bébé royal? Pourquoi? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.