Ging John : «Les habitants n'ont ni eau ni électricité»

©2006 20 minutes

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Interview de Ging John, directeur de l'Agence des Nations unies pour le secours aux réfugiés de Palestine (UNRWA).

Nous sommes au septième jour de « Nuages d'automne », l'offensive israélienne sur Gaza. Quelle est la situation sur place ?

A Beit Hanoun [nord de la bande de Gaza] par exemple, les 40 000 habitants qui vivent dans cette zone sont en état de siège. Ils ne peuvent pas sortir de chez eux, les lignes téléphoniques ont été coupées. Ils n'ont ni électricité ni eau. Nous, organisations internationales, n'avons pas toujours les moyens d'agir. Dimanche, nous n'étions pas autorisés à nous rendre sur place.

Comment réagit la population ?

Elle est vraiment désespérée. Les victimes civiles sont tous les jours un peu plus nombreuses. Samedi, un jeune homme de 19 ans a été grièvement blessé à Beit Hanoun, où l'accès à l'hôpital est rendu très difficile par le stationnement de cinq tanks devant l'entrée du bâtiment.

Depuis le retrait des troupes israéliennes en septembre 2005, il semble que la situation dans la bande de Gaza n'ait cessé de se détériorer ?

Avec la suspension des aides internationales à l'Autorité palestinienne depuis la victoire électorale du Hamas [parti islamiste qui ne reconnaît pas l'existence de l'Etat d'Israël] en janvier 2006, la situation économique et sécuritaire s'est nettement dégradée. Aujourd'hui, nous fournissons une aide alimentaire (produits de base tels que farine, riz, huile, sucre et lait) à 900 000 individus sur un total d'un million et demi de personnes. Je ne vois pas comment la situation pourrait s'améliorer sans que cesse cet infernal cycle de violences entre l'armée israélienne et les groupes armés palestiniens.

Recueilli par Armelle Le Goff

Une Palestinienne âgée de 18 ans et membre du Djihad islamique s'est fait exploser hier près de soldats israéliens à Beit Hanoun, blessant légèrement l'un deux.