Etats-Unis : des manifestations à la mémoire de Trayvon Martin

MONDE Des milliers de manifestants, déterminés mais moins nombreux que prévu, se sont rassemblés samedi dans plusieurs villes des Etats-Unis pour rendre hommage à Trayvon Martin une semaine après l'acquittement de son meurtrier et réclamer «justice et équité»...

avec AFP

— 

Une manifestation à la mémoire de Trayvon Martin, le 20 juillet 2013, à New York.
Une manifestation à la mémoire de Trayvon Martin, le 20 juillet 2013, à New York. — no credit

«La mort de mon fils doit apporter des changements dans notre société et contribuer à abroger les lois qui permettent de tuer quelqu'un simplement parce qu'il est considéré comme suspect», a lancé depuis Miami Tracy Martin, le père du jeune Noir de 17 ans tué en février 2012.

Son meurtrier, George Zimmerman, s'est prévalu du droit à la légitime défense et a été acquitté samedi dernier par un jury de Floride.

Faible participation à Miami

Mais nombre de manifestants de Miami, qui devait être le point d'orgue du mouvement, ont fait part de leur déception quant à la faible participation. L'événement a d'ailleurs été ajourné vers 12h30 (16h30 GMT) en raison de la forte pluie qui a commencé à tomber.

A New York, ils étaient plusieurs milliers à exiger justice sous une chaleur accablante.

Beyoncé et Jay-Z

Sybrina Fulton, la mère de Trayvon Martin, a affirmé que son fils aurait été «fier» de la détermination des manifestants.

A ses côtés, le couple de stars Beyoncé et Jay-Z a fait une apparition. Al Sharpton, la figure des droits civiques qui avait appelé à manifester a assuré que les chanteurs n'étaient «pas venus pour se faire photographier mais par solidarité avec la famille» de Trayvon Martin. «Comme Jay Z me l'a dit, il est père et Beyoncé est mère. Nous avons tous des enfants et nous avons peur. Les lois doivent protéger tout le monde», a encore expliqué Al Sharpton.

«Il fallait que je sois là»

 

Lorna Turner, 54 ans, a dit être venue parce que son fils de 17 ans avait été victime de discrimination de la part de la police de Brooklyn. «Je n'avais jamais participé à un événement de ce genre mais j'ai eu le sentiment qu'il fallait que je sois là», a-t-elle raconté à l'AFP.

Les applaudissements de la foule new-yorkaise ont été les plus chaleureux lorsque l'un des orateurs a cité l'intervention très remarquée de Barack Obama vendredi.

Soutien de Barack Obama

Visiblement très ému, le président américain, premier président noir des Etats-Unis, a souligné qu'il «aurait pu être Trayvon Martin, il y a 35 ans».

M. Obama s'est gardé de critiquer le verdict des jurés qui ont estimé que Zimmerman avait agi en état de légitime défense. «Une fois que le jury a parlé, c'est ainsi que fonctionne notre système», a-t-il fait valoir.

Résonnace au sein de la communuaté noire

Il a néanmoins évoqué la résonance particulière et même la «douleur» provoquée par ce verdict au sein de la communauté noire, illustrant du même coup le malaise toujours présent aux Etats-Unis à l'heure d'évoquer les préjugés raciaux.

Le président a affirmé qu'il était «compréhensible qu'il y ait eu des manifestations et des veillées (...) tant qu'elles restent non-violentes». «Si je vois que des violences se déroulent (...) cela déshonorerait ce qui est arrivé à Trayvon Martin et sa famille», a-t-il prévenu. Depuis New York, la mère du jeune homme a d'ailleurs insisté pour que les manifestations restent «pacifiques. Ma famille souffre plus qu'aucune autre, alors, s'il vous plaît, soutenez-nous».

«Nous sommes tous Trayvon Martin»

A Washington, plusieurs centaines de personnes étaient réunies devant un tribunal fédéral, à quelques centaines de mètres du Capitole, qui abrite le Congrès américain. Dans une ambiance familiale, certains arboraient des t-shirts à l'effigie de Trayvon Martin, d'autres brandissaient des pancartes où l'on pouvait lire: «liberté et justice pour tous» ou «nous sommes tous Trayvon Martin».

Merlin Bowie, un père de famille noire, était venu avec sa femme et ses deux enfants. «Nous voulons la justice et l'équité», a-t-il dit à l'AFP. «On ne peut tout simplement pas tirer sur quelqu'un et dire après qu'on a agi en état de légitime défense».