Londres vend du matériel militaire à la Syrie et à l'Iran

MONDE C'est ce que révèle un rapport...

avec AFP

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Un combattant de l'armée syrienne libre (ASL) fait face à un char, à Alep, le 23 juillet 2012
Un combattant de l'armée syrienne libre (ASL) fait face à un char, à Alep, le 23 juillet 2012 — Anonymous/AP/SIPA

La Grande-Bretagne vend des équipements militaires à pratiquement tous les pays figurant sur sa propre liste des régimes sensibles, dont la Syrie et l'Iran, s'alarme une commission parlementaire dans un rapport publié mercredi.

Le gouvernement britannique a délivré ou renouvelé 3.000 licences d'exportation pour un montant global de 12,3 milliards de livres (14,1 milliards d'euros), «une somme gigantesque», selon l'ancien ministre de la Défense et président de la commission parlementaire, John Stanley, qui pensait que «quelqu'un avait ajouté des zéros».

Sur les 27 pays à caractère sensible sur le plan des droits de l'homme figurant sur la liste du gouvernement britannique, seulement deux -la Corée du Nord et le Soudan du Sud- n'ont pas de contrat avec la Grande-Bretagne. L'Iran a signé 62 contrats, essentiellement pour du matériel cryptographique, alors que la Russie a contracté 27 licences pour de l'équipement biotechnologique, des fusils à lunette, de l'armement laser et des drones.

Le gouvernement assure ne pas vendre d'équipement «de nature à être utilisé pour faciliter la répression interne»

Ces deux pays fournissent des armes au régime du président syrien Bachar al-Assad. Le gouvernement britannique lui-même continue à accorder trois licences à la Syrie, portant sur des véhicules tout terrain et des pièces de sonars, alors qu'il a annoncé mardi la prochaine livraison de matériel de protection contre les armes chimiques à l'opposition syrienne.

Le gouvernement assure que les 3.000 licences d'exportation ne comportent pas d'équipement «de nature à être utilisé pour faciliter la répression interne» ou «provoquer ou prolonger des conflits régionaux ou internationaux». «Nous appliquons des règles très strictes pour nos exportations», a réagi le chef de la diplomatie britannique William Hague lors d'une visite à Islamabad, au Pakistan.

«Nos sanctions contre l'Iran sont très sévères. Nous n'exportons rien en Iran qui soit en conflit avec les sanctions décidées à l'ONU, au sein de l'Union européenne, ou qui contredirait nos politiques nationales», voire même «le traité sur le commerce des armes», a ajouté Hague. Mais l'ancien ministre John Stanley a demandé un «comportement plus prudent au moment d'accorder des licences à des régimes autoritaires».

Le gouvernement contrevient «à sa politique de ne pas vendre d'armes à quiconque susceptible de constituer une menace pour les droits de l'homme», a estimé pour sa part estimé Oliver Sprague d'Amnesty International.