Dans le monde, satisfaction et malaise

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Les avis sont partagés. Si Londres s'est immédiatement réjoui du travail effectué par la justice irakienne, les réactions sont plus mesurées dans les autres capitales européennes. Personne ne remet en cause le verdict, mais beaucoup contestent la condamnation à mort, contraire aux valeurs fondamentales de l'Union européenne (UE). Ainsi, la présidence finlandaise de l'UE a clairement demandé que l'ex-président irakien ne soit pas exécuté. Louise Arbour, haut commissaire de l'ONU chargée des Droits de l'homme, a elle réclamé un « moratoire » de cette exécution. Paris a dit « prendre acte » de la décision qui « appartient au peuple irakien », mais a rappelé dans un communiqué son opposition à la peine de mort.

Pour Washington en revanche, le verdict et sa condamnation sont un signe, à l'attention de tous les Irakiens, que « l'autorité de la loi peut prévaloir sur celle de la peur », ainsi que l'a estimé la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice dans un communiqué. Même satisfaction en l'Iran, pour qui cette sentence ne signifie pas pour autant que « l'on ne doive pas enquêter sur les autres crimes de Saddam, en particulier ceux commis durant la guerre contre l'Iran ». En Irak, la communauté chiite, victime, entre autres, du massacre de Doujaïl, n'a pas hésité non plus à manifester sa joie à l'annonce de la condamnation à mort de l'ancien dictateur. Côté sunnite, en revanche, on crie au complot américain tandis que dans le Kurdistan, on espère que Saddam Hussein ne sera pas exécuté avant que tous les crimes commis contre la communauté soient jugés.