Saddam, des ruelles de Tikrit au sommet de l'Etat

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Comme Saladin et Nabuchodonosor, il est né près de Tikrit. Mégalomane, il se voulait la synthèse de ces deux figures de l'histoire régionale. Né en 1937, dans une famille sunnite très pauvre du nord de l'Irak, Saddam Hussein al-Majid force le destin en adhérant dès 14 ans au parti Baas, panarabe, socialiste et laïque. Si bien que lorsque le parti s'installe au pouvoir en 1968, il se retrouve vice-président à seulement 31 ans. Le 16 juillet 1979, il s'autoproclame président. La même année, l'ayatollah Khomeyni instaure une République islamique chiite dans l'Iran voisin. Le raïs, qui craint un scénario similaire en Irak, berceau du chiisme, déclare la guerre à Téhéran en 1980 avec le soutien américain. En huit ans, le conflit fait 250 000 morts irakiens, au moins 600 000 côté iranien. En 1990, il envahit le Koweït, entraînant une intervention internationale sous l'égide de l'ONU. Son régime s'effrite ensuite lentement jusqu'à ce que George W. Bush en fasse la cible de sa guerre contre le mal. En mars 2003, le pays est envahi, Saddam est capturé le 13 décembre.

A. L. G.

Les exactions de Saddam Hussein visaient particulièrement chiites et kurdes. En 1988, l'opération Anfal tue 180 000 Kurdes et les bombardements chimiques sur la ville kurde d'Halabja font 5 000 autres victimes. En 1991, il réprime avec une violence inouie un soulèvement chiite dans le sud du pays.