Chili: La grossesse d'une fillette de 11 ans violée relance le débat sur l'avortement

MONDE Le président s'est dit «touché» par l'histoire de la petite fille, enceinte de 3 mois...

avec AFP
— 
Un drapeau du Chili, sur la colline  El Morro de Arica.
Un drapeau du Chili, sur la colline El Morro de Arica. — IPON-BONESS/SIPA

Le cas d'une fillette chilienne de 11 ans enceinte de trois mois après avoir violée par son beau-père a rouvert le débat sur l'avortement au Chili, un des pays d'Amérique latine où l'interruption de grossesse sous toutes ses formes est illégale. La petite fille, surnommée Belen pour protéger son identité, a affirmé mardi qu'elle était prête à avoir le bébé, dans une interview à la chaîne de télévision Canal 13.

«Ce sera comme une poupée que je tiendrai dans mes bras. Je vais l'aimer beaucoup même si elle est de cet homme qui m'a fait du mal, cela ne fait rien, je vais l'aimer», a affirmé la fillette.

La vie de la mère doit être la priorité

Le président chilien Sebastian Pinera a avoué s'être senti «touché» par les déclarations de la fillette dont la grossesse pourrait mettre sa santé en danger du fait de son jeune âge. Sebastian Pinera a assuré que si un accouchement prématuré se produisait, la vie de la mère devait être la priorité.

La grand-mère de la fillette qui vit à Puerto Montt (1.000 km au sud Santiago), avait dénoncé son beau-fils après la confirmation de la grossesse lors d'une visite médicale. L’homme de 32 ans a été arrêté et a reconnu avoir violé l’enfant.

L’avortement thérapeutique aboli sous Pinochet

Plusieurs organisations féministes ainsi que des personnalités politiques, dont la candidate socialiste à la présidentielle du 17 novembre, Michelle Bachelet, se sont manifestées en faveur de la légalisation de l'avortement en cas de viol ou de risques pour la mère.

L'avortement thérapeutique a été autorisé dans le pays puis aboli durant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Le parlement n'est jamais parvenu ces dernières années à un consensus sur l'avortement thérapeutique au Chili, où l'Eglise catholique jouit d'une grande influence et où le divorce n'a été autorisé qu'en 2004.