Inde: Le premier verdict dans le procès du viol collectif reporté

JUSTICE Le verdict pour seul mineur accusé dans cette affaire a été reporté ce jeudi au 25 juillet...

20 Minutes avec AFP
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Pancarte brandie par un manifestant lors d'une manifestation à New Delhi, le 30 décembre 2012, après le viol collectif d'une jeune femme.
Pancarte brandie par un manifestant lors d'une manifestation à New Delhi, le 30 décembre 2012, après le viol collectif d'une jeune femme. — AFP PHOTO/ANDREW CABALLERO-REYNOLDS/FILES

Le premier  verdict du procès du  viol collectif d'une étudiante dans un autobus à  New Delhi, un fait  divers qui a bouleversé l'Inde, a été reporté ce jeudi au 25 juillet, a indiqué le procureur de la cour d'assises pour mineurs de la capitale. «Les audiences sont terminées. La décision a été reportée au  25 juillet», a déclaré Madhav Kharana en sortant  du tribunal.

L'adolescent, âgé de 17 ans au moment des faits, est accusé  d'avoir participé au viol en réunion d'une jeune femme de 23 ans le 16  décembre, décédée treize jours  plus tard des suites de  l'agression. Il est le seul  mineur accusé dans cette affaire, quatre autres  suspects étant toujours  en cours de jugement. Le verdict devait initialement être rendu ce jeudi. L'accusé, qui ne peut être nommé  pour des raisons  juridiques, encourt une peine maximale de trois ans  dans un centre pour  mineurs.

Prise de conscience

La nature particulièrement ignoble de cette  attaque a fait  descendre dans la rue des milliers d'habitants révoltés  appelant à une  prise de conscience sur la façon dont les femmes sont  traitées en Inde,  pays encore largement dominé par les hommes où la  police et la justice  ont été accusées d'apathie à l'égard des victimes  d'agressions  sexuelles.

La famille de la victime, qui a succombé à de  graves lésions  internes dans un hôpital de Singapour où elle avait été  transférée en  urgence, avait réclamé que l'adolescent, jugé par une  cour d'assises  pour mineurs de la capitale, comparaisse au côté des  accusés majeurs,  qui encourent, eux, la peine de mort. «Nous voulons que le gouvernement nous  rassure et que mes  droits à la justice soient préservés. Dans cette  affaire, l'accusé se  cache derrière des failles juridiques du système»,  plaidait le père de  la victime, interrogé voici quelques mois par le  quotidien The Hindu.

Les quatre suspects majeurs jugés

Une commission gouvernementale mise en place  après le viol  collectif a rejeté les appels de la société civile à  abaisser l'âge de  la majorité pénale de 18 ans à 16 ans. Le procès de quatre suspects majeurs était  par ailleurs  toujours en cours, l'issue étant attendue dans les  prochains mois  lorsque l'audition des nombreux témoins aura pris fin.  Un cinquième  accusé, le chauffeur du bus présenté comme le meneur, a  été retrouvé  mort dans sa cellule en mars, un décès attribué à un  suicide par les  autorités pénitentiaires.

Si l'adolescent est jugé coupable, il est  passible d'une  peine de trois ans de détention qui inclut le temps déjà  passé en  détention. Anant Kumar Asthana, un avocat basé à New  Delhi et qui défend  les mineurs, estime que «l'idée derrière cette  clause suggère que trois  ans sont une période suffisante pour redresser  un enfant». «Le placement d'un enfant dans une  institution pénitentiaire  est en dernier ressort et l'idée est de le  faire pendant une courte  période de temps (...) car un placement en  centre peut souvent affecter  un enfant de manière négative», juge-t-il.

«Le suivi psychologique est très mauvais»

Des poursuites judiciaires visant du  personnel de plusieurs  centres pour mineurs ont illustré l'an dernier  ce que les militants des  droits de l'enfant décrivent comme une culture  généralisée de la  violence dans ce type d'établissements. Ils  dénoncent en particulier les  abus commis par les travailleurs sociaux  sur les jeunes et les  agressions entre mineurs. Selon Shabhaz Khan, cofondateur de l'ONG  Center for Child  Rights (Haq) et qui fut cité comme conseiller auprès  du tribunal lors du  procès de l'adolescent, les services fournis dans  ces centres sont  généralement inadaptés.

«Le suivi psychologique est très mauvais. Le  personnel est  sous-payé et n'a pas du tout envie de travailler avec ces  enfants»,  dénonce-t-il. «Certains établissements vont proposer des  cours de couture  ou de cuisine mais ces enfants sont en mauvais état,  ils ont besoin de  tuteurs. La loi sur les mineurs prend tout cela en  compte mais la  réalité est bien différente», estime Shabhaz  Khan.