Accident de train au Canada: 13 morts, le Saint-Laurent menacé

ACCIDENT Une catastrophe humaine et écologique...

avec AFP

— 

Venu constater l'ampleur du drame, le ministre canadien des Transports, Denis Lebel, a toutefois affirmé que "la locomotive en cause" avait été inspectée le 5 juillet, la veille de l'accident, par un agent du ministère qui "n'avait décelé aucune lacune".
Venu constater l'ampleur du drame, le ministre canadien des Transports, Denis Lebel, a toutefois affirmé que "la locomotive en cause" avait été inspectée le 5 juillet, la veille de l'accident, par un agent du ministère qui "n'avait décelé aucune lacune". — François Laplante-Delagrave AFP

Le bilan de l'explosion d'un train transportant du pétrole à Lac-Mégantic au Canada s'est alourdi lundi à 13 morts, tandis que le pétrole échappé des wagons menaçait de se répandre dans le fleuve Saint-Laurent.

 

 

 

Le déraillement de ce «train-fantôme», comme l'appellent les sinistrés car aucun conducteur ne se trouvait à bord, a fait «plus ou moins 50 disparus» dont 13 décès confirmés (contre 5 selon le précédent bilan), a indiqué la police.

>> Voir notre diaporama sur l'accident du Lac-Mégantici par ici

Outre le désastre humain, les autorités se démènent aussi pour éviter une catastrophe écologique. Quelque 100.000 litres de pétrole provenant des réservoirs accidentés ont été observés sur la rivière Chaudière, et pourraient atteindre rapidement le fleuve Saint-Laurent.

Les causes de l'accident -- le plus grave dans l'histoire du transport de brut par train, selon un expert -- demeurent pour l'instant inexpliquées. L'enquête indépendante ouverte par le Bureau canadien de la sécurité des transports (BST) semble se concentrer sur une des cinq locomotives du convoi, qui transportait 72 wagons-citernes.

La locomotive inspectée le 5 juillet

Venu constater l'ampleur du drame, le ministre canadien des Transports, Denis Lebel, a toutefois affirmé que «la locomotive en cause» avait été inspectée le 5 juillet, la veille de l'accident, par un agent du ministère qui «n'avait décelé aucune lacune».

«Si on reconnaît qu'il y a eu infraction, nous prendrons toutes les mesures applicables par la loi sur le champ», a assuré le ministre.

Pour la première fois, les enquêteurs ont pu se rendre lundi dans l'ensemble de la zone de 2 km carrés dévastée par l'accident, soit le centre-ville de cette bourgade touristique de 6.000 habitants, située à 250 km à l'est de Montréal.

L'intensité du brasier a été telle que certains bâtiments n'ont même plus de murs et les policiers ont demandé aux proches des disparus de leur fournir «brosse à dents, brosses à cheveux, peigne, casquettes» qui pourraient contenir des échantillons d'ADN aidant à l'identification des dépouilles.

Petite marée noire

Petite ville des Appalaches lovée autour du lac du même nom, Lac-Mégantic s'était embrasée vers 01H30 (05H30 GMT) samedi lorsqu'un train sans conducteur convoyant du pétrole brut a déraillé, faisant exploser au moins quatre wagons-citernes contenant 100 tonnes de pétrole chacun.

C'est «une question d'heures» avant que le pétrole ne se jette dans ce fleuve reliant les Grands lacs à l'océan Atlantique, a indiqué un porte-parole du ministère québécois de l'Environnement, Eric Cardinal. «Toutes les ressources sont déployées pour limiter au maximum la quantité qui pourrait se rendre» dans cet axe maritime qui traverse le Québec d'Est en Ouest, a-t-il assuré.

Cet accident a par ailleurs relancé le débat sur le transport ferroviaire de pétrole en Amérique du Nord, qui a pris de l'ampleur ces dernières années du fait du manque d'oléoducs reliant les nouveaux bassins d'or noir de l'ouest du continent aux marchés en demande.