Une économie en défaveur de Bush

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Le chômage est au plus bas depuis cinq ans (4,6 %), les prix de l'essence chutent depuis trois mois, Wall Street est au plus haut, la croissance économique américaine continue de bien se porter... Et pourtant, bien peu, républicains comme démocrates, pensent que l'état de l'économie américaine sera un atout pour le camp de George W. Bush, le 7 novembre, lors des élections au Congrès. Selon un sondage du Wall Street Journal, publié avant-hier, 46 % des électeurs américains seulement approuvent la façon dont leur président mène l'économie de leur pays. Le pourcentage est néanmoins en nette hausse par rapport aux mois passés. Mais pour James Carville, ancien conseiller de Bill Clinton, l'explication est simple : « Le prix de l'essence. On le voit sondage après sondage, le taux de satisfaction vis-à-vis de l'économie suit la courbe du prix à la pompe. »

Aux yeux des électeurs, l'économie est devenue moins importante que la guerre en Irak (en 2004, le rapport était inversé). « Les gens votent en fonction de l'économie si elle est mauvaise. Sinon, ils trouvent autre chose », résume Keni Hassett, du très conservateur American Insitute Enterprise. Surtout, l'économie américaine n'affiche pas les mêmes performances partout. Les élections se joueront donc localement et, dans beaucoup de circonscriptions, les délocalisations risquent de coûter cher aux républicains. Stratégiquement, les démocrates comptent d'ailleurs sur ces inégalités de redistribution de la croissance pour attirer dans les bureaux de vote des électeurs qui d'ordinaire restent chez eux.

A New York,

Emmanuel Saint Martin