La famille Mandela, le «Dallas» qui atterre les Sud-Africains

MONDE Brouilles familiales, affaires et télé-réalité sont le quotidien de la famille du Prix de Nobel...

avec AFP

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Nelson Mandela, dans l'extrait d'une vidéo, le 29 avril 2013.
Nelson Mandela, dans l'extrait d'une vidéo, le 29 avril 2013. — AP/SIPA

DERNIERE INFO 14h50: Les dépouilles de trois enfants de Nelson Mandela, exhumés sur ordre de justice, ont été remis en terre à Qunu, le village de son enfance où il veut être inhumé, a indiqué la police sud-africaine.

Les déchirements des héritiers de Nelson Mandela autour de la localisation des tombes de ses trois enfants décédés ne sont que le dernier épisode d'une série de frasques de la célèbre famille qui atterrent les Sud-Africains depuis quelques années.

«Rappelez-vous que le nom de Mandela ne doit pas servir qu'à faire de l'argent». «Tout ça est tout simplement dégueulasse.» «C'est un manque de respect à la dignité» du grand homme... Les quotidiens publient ces derniers jours des courriers agacés de leurs lecteurs.

Alors que le héros de la lutte anti-apartheid et premier président noir du pays se trouve entre la vie et la mort dans un hôpital de Pretoria, sa famille se dispute au grand jour sur une histoire sordide.

Enfants décédés

Au coeur de la querelle se trouvent les dépouilles de ses trois enfants morts en 1948, 1969 et 2005 et initialement enterrés dans le village de Qunu (sud), où Nelson Mandela a passé les plus belles années de son enfance et où il souhaite être enterré.

En 2011, l'aîné de ses petit-fils, Mandla, les a transférés vers le village natal de son grand-père, Mvezo, à une trentaine de kilomètres. Chef traditionnel de cette localité, il y porte un projet grandiose de site touristique avec un mémorial à la gloire de son aïeul.

Mais le reste de la famille ne l'entend pas de cette oreille et quinze de ses membres ont saisi la justice pour le forcer --avec succès-- à rendre les corps. Les dépouilles ont été remises en terre à Qunu ce jeudi après-midi. «Mandla est devenu le JR Ewing de la famille Mandela», ironisait mercredi l'éditorialiste du site Daily Maverick, en référence à l'anti-héros de la série américaine Dallas. .

Rapprochement avec la politique et les médias

Mandla, 39 ans, avait déjà défrayé la chronique en raison de ses démêlés conjugaux ou avec ses voisins. Elu député depuis 2009, sous l'étiquette de l'ANC, le mouvement pour lequel a lutté son grand-père, il n'a en revanche pas brillé par ses prises de position politique.

Autre Mandela au Parlement: l'ex-épouse du héros national, Winnie Madikizela-Mandela, a également eu maille à partir avec la justice pour des exactions commises par ses gardes du corps dans les années 1980, puis pour fraude en 2003.

Le reste de la famille, qui compte trois filles, dix-sept petits-enfants et douze arrière-petits-enfants, avait d'abord construit sa vie loin de la politique et des médias. Mais depuis la dernière apparition publique de leur patriarche, en 2010, certains ont pris des libertés avec ses consignes.

Stars de téléréalité

Quatre de ses petits-enfants ont créé une marque de vêtement, utilisant le nom de Nelson Mandela, tandis que Makaziwe, l'aînée de ses enfants, commercialise des vins sous l'étiquette «House of Mandela» avec sa fille Tukwini. 
 
Egalement en décalage avec l'image du Nobel de la paix, deux de ses petites-filles ont participé récemment à une émission de téléréalité, intitulée «Being a Mandela», dans laquelle elles évoquent leurs histoires de femmes bien-nées. 
 
Zenani et sa demi-soeur Makaziwe ont récemment intenté une action en justice pour obtenir l'éviction de trois proches de leur père de la direction de fonds d'investissement qui gère la fortune familiale.  
 
En jeu: environ 1,7 million de dollars accumulés par l'icône mondiale du pardon grâce à la vente de son autobiographie, d'oeuvres d'art avec l'empreinte de sa main ou son matricule de prisonnier 46664.