Edward Snowden attaque Barack Obama dans un communiqué rédigé en mauvais anglais

P.B. avec AFP

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Barack Obama dans la Situation Room de la Maison Blanche, le 5 avril 2013, lors d'un meeting sur la sécurité nationale.
Barack Obama dans la Situation Room de la Maison Blanche, le 5 avril 2013, lors d'un meeting sur la sécurité nationale. — P.SOUZA/MAISON BLANCHE

Le doute a plané sur l'authenticité de la missive, lundi soir. Publiée par l'organe de presse officiel de WikiLeaks, la «déclaration d'Edward Snowden à Moscou» a vraisemblablement au moins été validée par l'ex-consultant informatique, ou à défaut dictée à un intermédiaire dont l'anglais n'était pas la langue maternelle.

Farhad Manjoo, de Slate, s'est interrogé sur Twitter sur l'emploi erroné du pluriel pour «The United States have» au lieu du singulier d'usage «has», ainsi que sur le format de la date «Monday 1st July» au lieu de «July 1st». Dans la soirée, la faute avait été corrigée mais plusieurs expressions étranges et quelques prépositions erronées étaient encore présentes.

Remerciements à l'Equateur

Dans la lettre, Snowden, qui vient de déposer une demande d'asile en Russie et dans plusieurs autres pays, s'en prend à Barack Obama. «Jeudi, le président Obama a déclaré à la face du monde qu'il ne permettrait aucune ''manigance ou marchandage'' diplomatique à mon sujet. Cependant, on apprend maintenant qu'il a donné l'ordre à son vice-président de faire pression sur les dirigeants des pays auprès de qui j'ai demandé une protection pour rejeter mes demandes d'asile politique», écrit celui qui a révélé l'ampleur du programme de surveillance et d'espionnage de la NSA. Au cours du week-end, Joe Biden a en effet demandé à l'Equateur de rejeter toute demande d'asile de Snowden.

Dans son communiqué diffusé depuis la zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo où il est bloqué depuis le 23 juin, Snowden affirme qu'Obama est coupable de «tromperie» et de vouloir lui appliquer la «sanction illégale» de l'exil. «Leur but est de faire peur, non à moi, mais à ceux qui voudraient me suivre», estime Snowden. «Bien que je n'aie pas été condamné, elle a révoqué unilatéralement mon passeport, faisant de moi un apatride», selon lui.

Poutine ouvert à une demande d'asile

Snowden a demandé l'asile politique à la Russie et le président Vladimir Poutine a déclaré lundi qu'il serait le bienvenu en Russie aussi longtemps qu'il cesserait de faire fuiter des rapports secrets américains. L'ancien consultant de la NSA a révélé qu'il avait quitté Hong Kong «après avoir compris que ma liberté et ma sécurité étaient menacées. En fin de compte, l'administration Obama n'a pas peur de lanceurs d'alerte comme moi. Nous sommes apatrides, emprisonnés, impuissants».

«Non, l'administration Obama a peur de vous. Elle a peur d'un public informé, en colère, réclamant le gouvernement conforme à la constitution qu'elle lui avait promis» déclare encore Snowden.

Par ailleurs, dans une lettre adressée au président Rafael Correa, Edward Snowden remercie l'Equateur pour son soutien, en estimant que ce pays était «un exemple pour le monde». Le président Correa a fait savoir que l'informaticien devait parvenir jusqu'à l'ambassade équatorienne de Moscou s'il souhaitait demander asile.