Mohamed Morsi, stop ou encore?

MONDE Des millions de manifestants se sont réunis ce dimanche place Tahrir au Caire...

Bertrand de Volontat avec AFP
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Manifestants place Tahrir au Caire le 30 juin 2013.
Manifestants place Tahrir au Caire le 30 juin 2013. — Amr Nabil/AP/SIPA

«Morsi, dégage!» Des millions de manifestants ont hué dimanche le  président islamiste Mohamed Morsi, tout juste un an après son  investiture, sur la place Tahrir du Caire. Epicentre de la révolution  de 2011, la place semble avoir retrouvé ses anciennes habitudes.

Deux morts dans la soirée

Des affrontements entre pro et anti-Morsi auraient fait deux morts,  au cours de la soirée. Des marches au départ de différents endroits du  Caire, ont suivi, en direction du palais présidentiel. Cette semaine  déjà, des heurts avaient fait huit morts, dont un Américain. Au Caire,  le QG des Frères musulmans aurait été attaqué.

« Le peuple veut la chute du régime»

Arborant des masques de Guy Fawkes, agitant des drapeaux et des  portraits barrés de Mohamed Morsi, ou encore brandissant des cartons  rouges, les opposants sont venus exprimer leur mécontentement contre le  premier président élu démocratiquement, successeur d’Hosni Moubarak.  «C'est une deuxième révolution», affirme la foule. « Le peuple veut la  chute du régime», scandent aussi les manifestants.

« Le dialogue est la seule façon pour parvenir à une entente » 

En face, les partisans du président se sont également mobilisés,  faisant ainsi monter la pression. L’armée a été déployée. Au cœur des  tensions, la légitimité du président. Les opposants, mobilisés par le  mouvement populaire Tamarrod («rébellion», créé en avril 2013 pour  réclamer le départ de Morsi), lui reprochent de concentrer le pouvoir  entre les mains des Frères musulmans et de ne pas s'atteler aux  revendications démocratiques qui avaient déclenché la révolution en  2011. De leur côté, les pro-Morsi affirment que difficultés économiques  et tensions religieuses affectaient déjà l’Egypte avant son arrivée au  pouvoir. Dimanche soir, la présidence a réagi en affirmant que  « le dialogue est la seule façon pour parvenir à une entente » et  qu'elle était « ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue  national ».