Un premier procès lié au génocide rwandais va se tenir en France à l'hiver 2014

Vincent Vantighem

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Mémorial du génocide à Nyamata au Rwanda, le 27 septembre 2009.
Mémorial du génocide à Nyamata au Rwanda, le 27 septembre 2009. — REBECCA BLACKWELL/AP/SIPA

L'ancien capitaine rwandais Pascal Simbikangwa sera jugé du 4 février au 28 mars 2014 devant les assises de Paris, où se tiendra le premier procès en France lié au génocide qui a fait 800.000 morts au Rwanda en 1994, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Il est poursuivi pour «complicité de génocide» et «complicité de crimes contre l'humanité».

Paraplégique depuis un accident de la circulation en 1986, Pascal Simbikangwa, avait été interpellé dans une affaire de faux papiers, puis identifié comme étant recherché par Interpol.

Il aurait distribué des armes

C'est en vertu du principe de compétence universelle -qui permet aux juridictions françaises d'enquêter sur des crimes internationaux dès lors que l'auteur présumé est en France- qu'avaient été engagées les poursuites contre cet homme de 53 ans.

Pascal Simbikangwa avait été mis en examen en 2009 pour son rôle présumé dans le génocide rwandais, qui a fait 800.000 morts en trois mois selon l'ONU, essentiellement au sein de la population tutsie, mais également parmi les Hutus modérés.

Présenté comme un membre de l'Akazu, le premier cercle du pouvoir hutu qui, selon ses accusateurs, a planifié et mis en œuvre le génocide, M. Simbikangwa est notamment accusé d'avoir distribué des armes à des barrières tenues par des miliciens extrémistes hutus Interahamwe et, fort de son influence et de son autorité, de les avoir encouragés à commettre les massacres.

Un rôle d’instigateur du génocide

Son implication directe dans des tueries, notamment dans le massacre de plus de 1.600 personnes sur la colline de Kesho, dans la préfecture de Gisenyi (nord), n'a pas pu être établie par les juges qui lui prêtent un rôle d'instigateur du génocide.

M. Simbikangwa a tout au long de sa carrière été très proche du clan du président Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat en 1994 dans des circonstances non encore éclaircies fut l'élément déclencheur du génocide.

«Ce procès sera un événement excessivement important. Ce sera le premier, il sera donc historique», a déclaré jeudi à l'AFP Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), organisation traquant les génocidaires présumés, qui avait déposé la plainte à l'origine de l'affaire.