Angela Merkel rappelle à la Turquie que «les valeurs européennes ne sont pas négociables»

EUROPE Les négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne vont reprendre à l'automne...

avec AFP

— 

Angela Merkel à Bruxelles le 7 novembre 2012.
Angela Merkel à Bruxelles le 7 novembre 2012. — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

La chancelière allemande Angela Merkel a martelé jeudi à l'adresse de la Turquie que les valeurs défendues par l'Europe, liberté d'expression en tête, n'étaient «pas négociables». L'accord mardi entre l'Union européenne et Ankara sur l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociations d'adhésion «montre clairement que la Turquie est un partenaire important», a dit Mme Merkel dans une allocution aux députés du Bundestag. Mais elle a aussi assuré que «les valeurs européennes (...) s'appliquent tout le temps, ne sont pas négociables». «Je me réjouis du résultat» trouvé mardi qui fait avancer ce dossier mais dans le même temps «ne fait pas comme si de rien n'était», a-t-elle ajouté.

Pas de négociations avant l’automne

Berlin a sévèrement critiqué les violences des forces de l'ordre turques contre les manifestants en Turquie ces dernières semaines, les responsables allemands se disant inquiets et même choqués de la situation dans le pays. L'Allemagne accueille la plus importante communauté turque à l'étranger, avec environ trois millions de personnes ayant des racines turques sur son territoire.

L'Union européenne a décidé mardi de relancer les négociations d'adhésion avec la Turquie, un processus au point mort depuis plusieurs années, malgré les réticences de l'Allemagne après la répression des manifestations contre le gouvernement turc. L'ouverture effective d'un nouveau chapitre de ces négociations ne devrait cependant pas intervenir avant l'automne, et non mercredi comme prévu initialement. Ce compromis a été trouvé après d'intenses discussions entre ministres européens réunis à Luxembourg sur fond de divergences sur le message à envoyer aux autorités turques après les troubles politiques. L'Allemagne, soutenue par les Pays-Bas et l'Autriche, prônait la fermeté. Les autres pays de l'UE étaient favorables à la relance des négociations.