Tunisie: Le Premier ministre favorable à une libération des Femen

MONDE Ali Larayedh estime que le pouvoir tunisien devrait libérer les trois militantes féministes...

avec AFP

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Une membre des Femen devant l'ambassade de Tunisie à Paris le 5 juin 2013.
Une membre des Femen devant l'ambassade de Tunisie à Paris le 5 juin 2013. — Francois Mori/AP/SIPA

Le Premier ministre tunisien, Ali Larayedh, a annoncé, dans un entretien publié mercredi par un quotidien belge, que le pouvoir devrait libérer les trois militantes européennes de Femen emprisonnées à Tunis si la «justice ne les relaxe pas». «J'espère que cette affaire se clôturera au plus tôt. Si la justice tunisienne ne les relaxe pas, nous devrions les libérer. Le président de la République dispose du droit de grâce dans ses compétences», déclare Ali Larayedh dans le quotidien Le Soir, à l'occasion d'une visite à Bruxelles.

«Elles ont agi de manière offensante pour le sexe féminin»

«Cela dit, j'estime que ces jeunes femmes ont agi de manière offensante pour le sexe féminin, elles n'ont utilisé ni le moyen ni le goût corrects. Mais elles n'ont pas été maltraitées et elles ont droit à un jugement en bonne et due forme», ajoute Ali Larayedh, cadre du parti islamiste Ennahda au pouvoir. Les trois Femen --deux Françaises et une Allemande- doivent être jugées en appel ce mercredi après avoir été condamnées en première instance à quatre mois de prison pour une manifestation seins nus destinée à soutenir Amina Sboui, une militante tunisienne de Femen emprisonnée depuis le 19 mai.

Concernant le rappeur tunisien Alaa Yaâcoubi, condamné à deux de prison pour une chanson insultant la police, Ali Larayedh a indiqué ne pas vouloir «commenter» son procès en appel, dont le verdict a été repoussé au 2 juillet. «Je veux tout de même dire que je m'étais ému du sort de ce chanteur quand il a été condamné. Puis j'ai bien dû constater qu'il avait non seulement écrit une chanson hostile aux forces de l'ordre mais il a aussi appelé à les brûler (...) Il a en outre appelé à égorger les juges, les responsables politiques!», selon lui. «Nous voulons élever la liberté d'expression à des standards internationaux, mais il faut aussi que la loi soit respectée», affirme-t-il.