L'émir du Qatar abandonne le pouvoir

MOYEN-ORIENT Le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani transmet la succession au prince héritier Tamim...

Alexandre Sulzer avec AFP

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A gauche, l'ex-émir du Qatar Hamad ben Khalifa al-Thani ; à droite son successeur et propre fils, Tamim ben Hamad al-Thani.
A gauche, l'ex-émir du Qatar Hamad ben Khalifa al-Thani ; à droite son successeur et propre fils, Tamim ben Hamad al-Thani. — AFP/KARIM SAHIB/MOHAMMED AL-SHAIKH

Le bruit courait depuis plusieurs jours. La semaine dernière, l’Elysée refusait de la commenter, lui donnant ainsi encore plus de crédit. La nouvelle a finalement été confirmée lundi. L’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani passe le pouvoir à son fils Tamim, a indiqué Al-Jazeera. Le souverain «s'est réuni avec la famille régnante et les notables et les a informés de sa décision de remettre le pouvoir au prince héritier, cheikh Tamim ben Hamad Al Khalifa», a précisé la chaîne. Selon un proche du pouvoir, l'émir s'adressera mardi matin à la nation.

Si l'émir annonce son abdication, il s'agira d'une première dans ce pays et dans l'histoire récente du monde arabe, où aucun souverain n'a jamais renoncé au pouvoir de son plein gré. Mais il pourrait également décider de transférer le pouvoir graduellement à son fils, en le nommant Premier ministre à la place du puissant cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al Thani, qui occupe ce poste depuis 2007. L'émir, né en 1952, arrivé au pouvoir en 1995 par une révolution de palais, est l'artisan du Qatar moderne et a fait de cet Etat un acteur incontournable sur la scène internationale.

 

Apaiser l'opinion publique arabe

«A 61 ans, il n’est plus tout jeune. Malade, il a perdu 40 kilos en trois ans», analyse Nabil Ennasri, auteur de «L’énigme du Qatar» (éd. Armand Colin). Selon lui, une autre raison explique ce départ. «Il y a au Moyen-Orient un ras-le-bol du Qatar dans l’opinion publique. Cela permet de repartir sur un nouveau pied.» Tamim, qui a déjà la main sur la défense et la politique sportive de la péninsule, est réputé moins interventionniste que son père sur la scène internationale.

«Ca permet encore au Qatar de se démarquer des ses voisins dont les dirigeans vieillissants sont inamovibles», complète Nabil Ennasri.