Grands sourires et gros sous au programme de la visite de François Hollande au Qatar

DIPLOMATIE Le président de la République a entamé ce samedi sa visite de 24 heures à Doha...

avec AFP

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François Hollande et Valérie Trierweiler arrivent à Doha, au Qatar, le 22 juin 2013.
François Hollande et Valérie Trierweiler arrivent à Doha, au Qatar, le 22 juin 2013. — WITT/SIPA

François Hollande a salué samedi à Doha la déclaration du groupe des amis de la Syrie en faveur d'une «aide urgente» aux rebelles syriens qui permet, selon lui, de «renforcer» l'opposition au régime de Damas, et entamé sa visite de 24 heures au Qatar en se félicitant «des excellentes» relations avec ce pays «ami».

Arrivé peu après la réunion des onze pays soutenant la rébellion syrienne, le président Français a jugé que «cette conférence avait pu déterminer une ligne», celle «de soutenir l'opposition syrienne, de renforcer encore les éléments qui, au sein de cette opposition, donnent toute garantie pour préparer la transition, demander à certaines forces étrangères de se retirer de Syrie et aller vers une conférence qui permette de trouver une issue politique» à ce conflit qui a fait près de 100.000 morts.

Les investissements du Qatar «bienvenus» en France

Sur le plan bilatéral, le président français s'est réjoui «des excellentes relations» de la France avec le Qatar depuis l'indépendance de l'émirat en 1971. «Tous les présidents successifs en France y ont veillé avec leur tempérament, leur façon de faire mais pour nous c'est une constante de l'action politique extérieure. Nous savons où sont nos amis», a-t-il assuré évoquant «une estime réciproque, une compréhension» entre les deux pays.

Alors que les importants investissements de l'émirat en France, 12 milliards d'euros en cinq ans, sont régulièrement sujets à polémique, François Hollande a affirmé que ces contributions financières étaient «les bienvenues», mais sans «les réduire à l'immobilier et au sport», a-t-il souligné, car «il y a bien des industries, bien des services» dans l'hexagone qui pourraient bénéficier de cette manne.

En échange, il a assuré que la France était prête à «accompagner les grands projets du Qatar pour les années qui viennent», et à lui apporter «son expérience» pour l'organisation du Mondial 2022 de football organisé dans l'émirat.

Un voyage très commercial

François Hollande était convié dans la soirée avec sa compagne Valérie Trierweiler à un dîner privé avec l'émir cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, sa deuxième épouse Moza et le prince héritier cheikh Tamim, à qui l'émir se prépare à céder le pouvoir.

La deuxième partie de sa visite dimanche sera largement consacrée au volet économique, avec la finalisation d'un fonds commun franco-qatari entre la Caisse des dépôts et consignation et le fonds souverain Qatar Investment authority (QIA). Ce fonds commun, doté de 300 millions d'euros et destiné à financer des PME françaises, est créé en lieu et place d'un projet très contesté de 50 millions d'euros d'investissements qataris dans les banlieues françaises. François Hollande visitera notamment un gros chantier immobilier de Bouygues et interviendra devant un forum économique franco-qatari.

La France espère faire avancer quelques gros dossiers, comme le projet de métro à Doha pour lequel le groupe Vinci est engagé à hauteur de 1,5 milliard d'euros, ou celui du tramway de la ville nouvelle de Lusail, pour lequel Alstom est en lice. Alors qu'Airbus équipe déjà quasiment toute la flotte qatarie, de nouveaux achats sont aussi espérés. Le dossier du Rafale, considéré par Paris comme «d'importance stratégique majeure», sera aussi évoqué. L'avion de combat français du groupe Dassault Aviation est en concurrence avec l'Eurofighter construit par BAE Systems, Finmeccanica et EADS.

Dimanche en fin de journée, François Hollande gagnera la Jordanie où sa rencontre avec le roi Abdallah II sera largement consacrée à la crise syrienne.