Le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, le 22 juin 2012 à Bruxelles.
Le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, le 22 juin 2012 à Bruxelles. — Yves Logghe/AP/SIPA

MONDE

UE : La Turquie menace l'Allemagne de représailles

Lundi, Angela Merkel avait déploré la répression «beaucoup trop dure» des manifestations antigouvernementales en Turquie...

Le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, a mis en garde vendredi la chancelière allemande Angela Merkel contre toute velléité de bloquer l'ouverture d'un nouveau chapitre des négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne (UE).

«J'espère qu'elle va corriger l'erreur qu'elle a commise lundi (...) ou cela donnera lieu à des réactions», a déclaré M. Bagis devant la presse. Il faisait allusion aux déclarations de Mme Merkel, qui a déploré la répression «beaucoup trop dure» des manifestations antigouvernementales en Turquie. «La Turquie n'est pas n'importe quel pays», a encore dit M. Bagis, cité par les médias turcs, déplorant une «manoeuvre électoraliste facile» de la part de Mme Merkel à l'approche des élections législatives en Allemagne.

M. Bagis avait déjà mis en garde l'Allemagne jeudi en des termes particulièrement fermes. «Si Mme Merkel se cherche de la matière destinée à la politique intérieure pour ses élections, cette matière ne doit pas être la Turquie», avait-il déclaré faisant allusion aux élections prévues le 22 septembre en Allemagne.

Merkel s'est toujours montrée sceptique sur une adhésion de la Turquie à l'UE

La chancelière a toujours affiché son scepticisme concernant l'aboutissement des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, mais elle s'était montrée favorable en début d'année à l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociations. Toutefois selon des diplomates européens, l'Allemagne et les Pays-Bas s'opposent désormais à l'ouverture de ce chapitre, dans la foulée de leurs critiques déplorant la brutalité de la répression des manifestations antigouvernementales qui ont agité la Turquie pendant près de trois semaines.

Si un accord unanime des 27 n'est pas trouvé lundi à Bruxelles, la conférence intergouvernementale qui devait donner mercredi prochain son feu vert à l'ouverture de ce nouveau chapitre pourrait être reportée, selon les diplomates européens. Berlin a convoqué vendredi l'ambassadeur de Turquie en Allemagne pour protester contre les propos jeudi de M. Bagis et Ankara devait faire de même, par mesure de réciprocité.