Tunisie: Procès en appel des trois Femen européennes ce vendredi

F.V.

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Trois militantes des Femen protestent devant le Palais de justice de Tunis, le 29 mai 2013.
Trois militantes des Femen protestent devant le Palais de justice de Tunis, le 29 mai 2013. — F.BELAID / AFP

Les trois militantes européennes du groupe féministe seins nus Femen sont jugées en appel ce vendredi en Tunisie, près de dix jours après leur condamnation à quatre mois de prison ferme. Leur avocat, Me Souhaib Bahri, s'attend à ce que la décision du procès soit rendue «dans la journée».

Les trois militantes - Pauline, Marguerite et Joséphine, deux françaises et une allemande - ont été condamnées le 12 juin à quatre mois et un jour de prison ferme pour avoir manifesté seins nus fin mai à Tunis en soutien à une camarade tunisienne emprisonnée, Amina Sboui. La France, l'Allemagne et l'Union européenne ont regretté la sévérité de la peine.

La libération des Femen « très imprévisible »

Amina Sboui attend pour sa part en détention de savoir si elle sera jugée. Elle a été arrêtée pour avoir peint «Femen» sur le muret d'un cimetière musulman afin de protester contre un rassemblement salafiste à Kairouan (centre). Elle risque deux ans de prison pour profanation de sépulture et six mois pour atteinte aux bonnes moeurs. Ces peines peuvent être considérablement alourdies si Amina est reconnue coupable d'avoir agi en bande organisée.

La présidente de l'Association tunisienne des Femmes démocrates Ahlem Belhadj n'est pas très optimiste. «La libération [des trois Femen] n'est pas impossible bien sûr, mais c'est très imprévisible. Autant pour Amina nous sommes un peu optimistes quant à sa libération prochaine, autant, dans la tendance actuelle, nous craignons pour ces trois militantes Femen», dit-elle au Nouvel Observateur.

 Les soutiens des Femen mobilisés

Des intellectuels, militants des droits de l’Homme et militantes féministes ont appelé mardi à la libération des trois Femen dans une tribune du Monde. Ils dénoncent des «sanctions totalement disproportionnées au regard de leurs actes et contraires aux normes attendues d'un Etat de droit». Ils appellent également François Hollande, qui doit se rendre en Tunisie début juillet, à «demander la libération de ces prisonniers politiques. Sans se laisser intimider par ceux qui crieront à l'ingérence ou convoqueront le passé».

«Rien, ni la «stabilité» des relations franco-tunisienne ni les intérêts économiques ne justifient de fermer les yeux sur ces lois iniques et la façon dont elles sont appliquées », écrivent les personnalités, signataires de cette tribune, parmi lesquelles la philosophe Elisabeth Badinter, la journaliste Caroline Fourest, la cyberdissidente tunisienne Lina Ben Mhenni ou encore l’écrivaine Taslima Nasreen.

Les islamistes d’Ennahda, au pouvoir en Tunisie,  sont régulièrement accusés de vouloir s'en prendre aux acquis des femmes tunisiennes qui, sans bénéficier de l’égalité des sexes, disposent des droits les plus larges dans le monde arabe.