G8: Un accord a minima sur la Syrie et des avancées sur l'évasion fiscale

N. Beu. avec AFP

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Les dirigeants du G8 à Lough Erne, en Irlande du Nord, le 18 juin 2013.
Les dirigeants du G8 à Lough Erne, en Irlande du Nord, le 18 juin 2013. — WITT/SIPA

L’air de l’Irlande du Nord les a inspirés. Au terme de deux jours de discussions, les dirigeants des huit grandes puissances mondiales -Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie-, auxquelles s’étaient joints Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, et José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne,  ont annoncé mardi avoir trouvé un accord sur trois points principaux.

L’union contre l’évasion fiscale

Sur le sol nord-irlandais, les grandes puissances du G8 se sont engagées à mettre en place l'échange automatique d'informations «pour combattre le fléau de l'évasion fiscale», dans une «déclaration de Lough Erne» publiée mardi. Le communiqué final du G8 prévoit, lui, la publication par chaque État membre de «plans d'actions nationaux» pour que «l'information sur qui détient et profite réellement des sociétés et des trusts soit accessible» pour les administrations fiscales.

Jusqu'au bout, il n'était pas certain que le G8 s'attaque aux trusts, cette entité juridique anglo-saxonne qui permet de dissimuler les bénéficiaires d'un placement rendant inefficace tout effort de lutte contre les paradis fiscaux. En revanche, les ONG n'ont pas obtenu gain de cause sur leur revendication principale: la création de registres publics, ouverts à tous, sur les bénéficiaires des sociétés. Washington, Ottawa et Berlin ont bloqué cette avancée, selon des sources proches des négociations.

Le refus de verser des rançons

Les dirigeants du G8 se sont également engagés à refuser de verser des rançons en cas d'enlèvements de leurs ressortissants par des «terroristes» et ont appelé les entreprises à suivre ce principe. «Nous rejetons sans équivoque le paiement de rançons aux terroristes et nous appelons les pays et les entreprises du monde à suivre ce principe», peut-on lire dans le projet de communiqué final obtenu par l'AFP. Les pays du G8 s'engagent aussi à «partager leur expertise» et à «s'aider mutuellement» dans la résolution des prises d'otages.

L’organisation d’une conférence sur la Syrie

Après deux jours de dures tractations, le sommet du G8 a accouché d'un accord a minima sur la Syrie, appelant à l'organisation «dès que possible» d'une conférence de paix, mais laissant en suspens toutes les questions clés pour le règlement du conflit.

Avec ses formulations floues ou ambigües, la déclaration finale du G8 sur la Syrie reflète les profondes divergences entre Moscou, soutien indéfectible du régime de Damas, et les Occidentaux, qui appuient l'opposition syrienne. A peine le sommet terminé, Vladimir Poutine a d'ailleurs de nouveau évoqué la possibilité pour son pays de livrer de nouvelles armes au régime syrien, donnant un premier coup de boutoir au consensus de façade obtenu au G8.

 


La conférence, censée rassembler autour d'une même table des représentants des belligérants syriens, devra permettre la mise en place d'«un gouvernement transitoire formé par consentement mutuel et ayant les pleins pouvoirs exécutifs», souligne le texte. Cette formule avait déjà été actée il y a un an au cours d'une première réunion à Genève, mais n'a jamais été mise en oeuvre car elle ne précise pas le sort du président syrien Bachar al-Assad, dont le départ est réclamé par l'opposition.