Manifestations au Brésil: «Le peuple se réveille»

Cédric Garrofé
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Des manifestants à Rio contre la hausse des prix
Des manifestants à Rio contre la hausse des prix — EFE/SIPA

Le Brésil est secoué depuis lundi par d'importantes manifestations sociales. En cause, la hausse des prix et la facture gigantesque de la Coupe du monde de foot 2014, qui s'élève à 15 milliards de dollars. 

A Rio, la police militaire a dû intervenir lundi soir à coups de bombes lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour disperser des manifestants qui tentaient d'envahir le parlement local. Auparavant, près de 100.000 personnes avaient marché dans les rues de la deuxième plus grande ville du pays pour signaler leur mécontentement à la Présidente Dilma Roussef.
 
 
Brésiliens et étrangers, vous êtes actuellement au Brésil? Vous avez assisté aux manifestations? Brésiliens, vous résidez en France, et suivez les événements de près? Continuez à nous raconter la situation. Déposez ici vos commentaires ou envoyez-nous vos témoignages, photos et vidéos à reporter-mobile@20minutes.fr.
 
Pour Marcia, ces manifestations s’expliquent assez facilement. «Le peuple en a marre. Le coût de la vie est de plus en plus élevé. Tout augmente, notamment les transports. Le service public est dans un état déplorable.» 
 
Assistante maternelle, celle qui se définit comme une «100% Brésilienne» détaille la situation du service public du pays. «Chez nous, un professeur perçoit un salaire mensuel de près de 900 reals [un peu plus de 300 euros]. Les hôpitaux sont mal gérés. C’est très difficile d’y recevoir des soins rapides et convenables.»
 
Pour autant, elle reconnaît que le Brésil a progressé depuis la fin de la dictature. «Lula a beaucoup fait pour les pauvres. Il nous a aussi permis de voyager, nous avons vu les situations dans les autres pays. Maintenant, nous voulons simplement vivre comme eux.». Alors que le Brésil est aujourd’hui la sixième puissance économique mondiale, les inégalités restent très fortes entre des riches qui deviennent plus riches et des pauvres qui restent pauvres.
 
Mobilisée, Marcia l’a aussi été en 1992. Cette année-là, les multiples affaires de corruption du gouvernement de Fernando Collor de Melo avaient poussé les Brésiliens à défiler en masse dans les rues. «Il y a 20 ans, je manifestais au Brésil contre les scandales du gouvernement. Nous sommes un peuple pacifiste, nous manifestons très rarement.» 
 
Aujourd’hui, elle pense que la mobilisation ne peut que s’amplifier. «La prochaine étape, c’est la grève générale. Elle aura lieu le 1er juillet prochain.»
 

Ce mercredi, les manifestations continuent. Lucia nous a envoyé cette photo prise à Fortaleza, cinquième ville du Brésil et capitale de l'État du Ceará. «La population n'en peut plus. Nous avons peur. Les politiques pensent surtout à la Coupe du monde, ils oublient le reste» précise l'internaute.