Bras de fer entre Obama et Poutine sur la Syrie au G8

avec AFP

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Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Barack Obama lors d'une rencontre à Los Cabos (Mexique) le 18 juin 2012.
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Barack Obama lors d'une rencontre à Los Cabos (Mexique) le 18 juin 2012. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

Le président américain Barack Obama est arrivé ce lundi en Irlande du Nord pour participer au sommet G8. La Syrie va dominer cette première journée, avec une rencontre qui s'annonce délicate entre lui et son homologue Vladimir Poutine, l'allié russe de Damas se montrant peu enclin aux concessions.

Washington et Moscou, qui cherchent à organiser en juillet une conférence de paix encore très improbable sur la Syrie, ont singulièrement durci le ton au cours des derniers jours. Alors que les pays occidentaux alliés de l'opposition syrienne envisagent de livrer des armes aux rebelles syriens pour «rééquilibrer» les forces sur le terrain en vue d'une éventuelle négociation, Vladimir Poutine, très offensif, a prévenu que Moscou «ne pouvait envisager» une telle hypothèse.

«Je pense que tout le monde sera d'accord sur le fait que ça ne vaut pas la peine de soutenir des personnes qui non seulement tuent leurs ennemis mais mangent aussi leurs organes en public et devant les caméras», a-t-il lancé dimanche. Il faisait référence à une vidéo diffusée en mai et montrant un rebelle syrien éviscérant un soldat. «Nous ne violons aucune règle ou norme et nous appelons tous nos partenaires à agir de la même façon», a insisté Vladimir Poutine, dont le pays arme le régime de Bachar al-Assad et se réserve la possibilité de lui livrer des missiles S-300 anti-aériens.

Les Etats-Unis comptent augmenter leur soutien à l’opposition

De son côté, la Maison Blanche a accusé jeudi Damas d'avoir franchi «une ligne rouge» et d'avoir utilisé des armes chimiques. Et d'annoncer qu'elle allait augmenter son soutien à l'opposition syrienne, sans pour autant dire clairement qu'elle allait livrer des armes. Les déclarations de Barack Obama, qui ne s'est plus exprimé directement sur la Syrie depuis des semaines, donneront une idée de l'état d'esprit du président américain, jusqu'ici très réticent à s'engager dans le conflit syrien.

Vladimir Poutine s'entretiendra également en bilatérale avec le président français François Hollande, juste avant l'ouverture du sommet à Lough Erne, un complexe luxueux au bord d'un lac sauvage. François Hollande devrait présenter à son homologue russe les preuves dont dispose Paris de l'utilisation de gaz sarin par le régime syrien, accusations qui ont laissé Moscou de marbre. Paris et Londres poussent à la livraison d'armes à l'opposition syrienne et des représentants occidentaux en ont discuté en fin de semaine en Turquie avec Selim Idriss, le chef de l'état-major de l'ASL, l'armée syrienne libre, principale composante de la rébellion.

Les discussions sur la Syrie se tiennent aussi alors que l'Iran, autre grand soutien du régime de Bachar al-Assad, vient de se doter d'un président considéré comme modéré, Hassan Rohani, que la communauté internationale espère plus conciliant sur les dossiers syrien et du nucléaire. «Nous allons utiliser l'opportunité d'avoir tous les dirigeants du G8 réunis pour tenter de construire sur un terrain commun», a déclaré dimanche l'hôte du sommet, le britannique David Cameron, alors que le conflit a fait 93.000 morts en un peu plus de deux ans.