Jackie Fouquereau : «C'est une course contre la montre»

©2006 20 minutes

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Interview de Jackie Fouquereau, porte-parole du commandement régional de l'Otan à Kaboul

Les Français ont pris le commandement régional de Kaboul le 6 août. Quelles sont vos difficultés ?

Il y a deux menaces principales : les engins explosifs actionnés à distance, qui touchent aussi bien les ONG que les militaires, et les attentats-suicides.

Les attentats-suicides sont nouveaux en Afghanistan...

Oui, car ils n'appartiennent pas à la culture afghane. Le premier attentat-suicide est celui qui a tué le commandant Massoud en 2001 [tué par deux Arabes]. Il y en a eu quelques-uns auparavant, mais très peu par rapport à 2006 et ces deux derniers mois. Les rebelles ont importé cette technique de l'Irak. Mais Kaboul n'est pas Bagdad non plus.

Comment la présence militaire est-elle perçue par la population ? Certains parlent de « force d'occupation »...

Les gens, fatigués par vingt-huit années de guerre, font confiance à l'action internationale, mais veulent en voir les bénéfices. C'est une course contre la montre pour nous. Il faut éviter le retour des forces hostiles à la constitution d'un Etat (talibans, mafias...), qui font pression pour amener la population à nous rejeter.

Recueilli par Faustine Vincent