Le pape François reconnaît l'existence d’un «lobby gay»

MONDE Le pape François souhaite réformer la Curie, c'est-à-dire le gouvernement de l'Eglise catholique...

A.-L.B.

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Le pape François (à droite), le 16 mars 2013 au Vatican.
Le pape François (à droite), le 16 mars 2013 au Vatican. — UNIMEDIA/SIPA

Réformer la Curie, c’est-à-dire le «super gouvernement» de l’Eglise au Vatican, est l’un des défis majeurs du pape François, qui a élu en mars. Le 13 avril, le souverain pontife a constitué un groupe de huit cardinaux de tous les continents pour étudier les projets de réforme de cette organisation, afin de l’adapter au monde et la rendre plus démocratique. 

Lors d’une réunion tenue le 6 juin, relatée par le site catholique Reflexión y Liberación et repérée par Le Monde ce mardi, il a reconnu des problèmes de la Curie. Devant les responsables de la Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses (CLAR), il a déclaré: «Dans la curie, il y a des gens saints, vraiment, mais il y a aussi un courant de corruption», avant d’ajouter: «On parle de ‘lobby gay’, et c’est vrai, il existe». L’existence d’un tel lobby au sein de la Curie avait été farouchement niée jusqu’alors.

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Autre critique récurrente du pape depuis son élection, celle du rapport de l’Eglise à l’argent. Le 23 mai, dans la basilique Saint-Pierre, le pape François avait exhorté les puissants évêques italiens à ne pas être des «fonctionnaires paresseux», critiquant les prêtres qui risqueraient «d’être séduit par la perspective d'une carrière, la tentation de l'argent, et les compromis avec l'esprit du monde».

Ce mardi, lors de sa messe quotidienne dans la résidence Sainte-Marthe au Vatican, le pape François en a rajouté une couche sur l’importance d’une Eglise rejetant les richesses. Il a déclaré que «Saint Pierre n'avait pas de compte en banque», a-t-il dit, ajoutant: «Quand nous voulons faire une Eglise riche, l'Eglise vieillit, n'a pas de vie».