Scandale du système de surveillance américain: Si vous avez raté le début...

MONDE «20 Minutes» fait le point sur le scandale qui ébranle l'administration Obama...

avec AFP

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Ex-employé de la CIA et sous-traitant de la NSA, Edward Snowden, 29 ans, est la source des fuites sur les programmes de surveillance du renseignement américain.
Ex-employé de la CIA et sous-traitant de la NSA, Edward Snowden, 29 ans, est la source des fuites sur les programmes de surveillance du renseignement américain. — CAPTURE VIDEO (GUARDIAN)

Qui est la taupe?

Edward Snowden, 29 ans, travaillait depuis quatre ans à l'Agence nationale de sécurité (NSA) en tant qu'employé de divers sous-traitants, dont Dell ou Booz Allen Hamilton. Cet ancien technicien à la CIA - où il travaillait dans la sécurité des systèmes informatiques - a révélé lui-même être à l'origine des fuites sur le programme américain de surveillance des communications, peu après l'annonce de l'ouverture d'une enquête pour l'identifier. «Je n'ai aucune intention de me cacher parce que je sais que je n'ai rien fait de mal, a-t-il expliqué au Guardian. Mon unique objectif est d'informer les gens de ce qui est fait en leur nom et de ce qui est fait contre eux».

Il y a trois semaines, il a donc quitté sa compagne alors qu'il menait une vie très confortable à Hawaï, avec un salaire de 200.000 dollars par an, pour se rendre à Hong Kong avant la révélation de ces fuites. «Je suis prêt à sacrifier tout cela parce que je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d'Internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde avec ce système énorme de surveillance qu'il est en train de bâtir secrètement», a-t-il expliqué.

Qu’a révélé Edward Snowden?

Il a révélé au Guardian et au Washington Post l'existence d'un programme secret, baptisé PRISM, permettant au FBI et à l'Agence nationale de sécurité (NSA) de surveiller les internautes. Ils utiliseraient pour cela des portes d'entrée cachées dans les logiciels fabriqués par les principales entreprises informatiques américaines, et accèderaient aux serveurs de neuf d'entre elles, dont Microsoft, Yahoo!, Google et Facebook.

Il a aussi révélé l’existence d’une ordonnance de justice secrète forçant l'opérateur téléphonique américain Verizon - et vraisemblablement d'autres opérateurs - à livrer à l'Agence nationale de sécurité (NSA), à la demande du FBI, la totalité des données téléphoniques de ses abonnés, d'avril à juillet.

Pourquoi cela met-il le feu aux poudres aux Etats-Unis?

L'existence de ces pratiques, héritées de l’ère Bush dans la foulée des attentats du 11-Septembre, était soupçonnée mais n'avait encore jamais été confirmée. Ces révélations ont donc concrétisé les pires craintes des défenseurs des libertés individuelles, qui tentaient depuis des années de faire la lumière sur l'utilisation par le gouvernement d'une clause du «Patriot Act», la loi antiterroriste votée par l’administration Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Une poignée d'élus, démocrates comme républicains, a dénoncé une atteinte à la vie privée «indéfendable et inacceptable», selon les mots du sénateur Bernie Sanders. De son côté, l’administration Obama a assumé l'utilisation de ce programme secret comme un outil crucial «pour faire face aux menaces posées par les terroristes».