Turquie: Deux Françaises toujours en centre de rétention

Anne-Laetitia Béraud et Vincent Colas

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Un manifestant arrive au parc Guezi, près de la place Taksim à Istanbul, pour la prière du vendredi, le 7 juin 2013.
Un manifestant arrive au parc Guezi, près de la place Taksim à Istanbul, pour la prière du vendredi, le 7 juin 2013. — Kostas Tsironis/AP/SIPA

«Mardi vers 1h30 du matin, j’étais en haut du stade de Besiktas, à Gümüssuyu. Les manifestants avaient construit neuf barricades et j’avais commencé à les photographier. Deux minutes après mon arrivée, la police a lancé des grenades lacrymogènes et sans que j’ai eu le temps de comprendre ce qui se passait, j’ai été arrêtée au niveau de l’Istanbul Teknik Üniversitesi.» Lorraine Klein, étudiante nantaise de 21 ans, a été arrêtée dans la nuit de lundi à mardi par la police turque dans les manifestations antigouvernementales qui secouent la Turquie depuis une semaine, selon des responsables du barreau d’Istanbul.

Une autre Française aurait été arrêtée, d’après ces mêmes sources, qui n’ont pas donné plus de détails. Une arrestation confirmée par le consulat de France à Istanbul, qui n’a pas révélé son identité. Selon le Quai d’Orsay, elle serait elle aussi détenue au centre de rétention de Kumpapi. Le consul général a pu rencontrer l’une des deux.

 «Pas là pour manifester»

L’étudiante nantaise est bien «bien  traitée», selon lepetitjournal.com, le média des Français et francophones à l’étranger, et elle a pu parler à sa famille. En Turquie dans le cadre du programme d'échange européen Erasmus pour une année d'études en communication à l'université de Galatasaray, la jeune femme «souhaitait écrire quelque chose sur les manifestations». Elle n’était pas là pour manifester, assure-t-elle.

 Elle a été installée au centre de rétention de Kumpapi dans l’attente d’une décision de la direction générale de la sûreté sur son éventuelle expulsion. Joint par 20 Minutes, le ministère français des Affaires étrangères a assuré que «tout était fait pour qu’elle bénéficie de la protection consulaire française» (voir un médecin, avoir un avocat, contacter sa famille).

Son avocate, Bedia Tansen, a déclaré ce vendredi matin à France 3 Pays de la Loire qu’«il ne lui était rien reproché, sinon d’avoir résisté aux policiers au moment de son arrestation». Elle ne devrait d’ailleurs pas être expulsée et pourrait être libérée d’ici à quelques jours.