Syrie: Pour Laurent Fabius, «toutes les options sont sur la table» en réaction à l'utilisation d'armes chimiques

MONDE Le ministre des Affaires étrangères n'a plus «aucun doute» sur l'utilisation de gaz sarin par le régime de Bachar al-Assad...

avec AFP

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Laurent Fabius, le 11 juin 2012 à Toulouse.
Laurent Fabius, le 11 juin 2012 à Toulouse. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a accusé mardi le régime de Bachar al-Assad d'avoir utilisé à au moins une reprise du gaz sarin en Syrie, soulignant qu'une «ligne a été franchie et que «toutes les options sont sur la table». «Nous n'avons aucun doute sur le fait que les gaz ont été utilisés (...). La conclusion du laboratoire est claire: il y a du gaz sarin», a affirmé le chef de la diplomatie à France 2. Il a évoqué des échantillons provenant de journalistes du quotidien Le Monde mais aussi d'une autre source qu'il n'a pas précisée.

«Dans le deuxième cas, il ne fait aucun doute que c'est le régime et ses complices puisqu'on a l'intégralité de la chaîne, depuis le moment où l'attaque a lieu, le moment où les gens sont tués, où on a les prélèvements et où on les fait analyser», a expliqué Laurent Fabius. «Il y a une ligne qui est franchie incontestablement. Nous discutons avec nos partenaires de ce qu'il va falloir faire et toutes les options sont sur la table. Ou bien on décide de ne pas réagir ou bien on réagit, y compris d'une façon armée, là où est produit, où est stocké le gaz», a-t-il souligné. «Nous n'en sommes pas là», a-t-il toutefois nuancé.

Réagir sans «bloquer la conférence éventuelle de la paix»

«Il faut à la fois réagir et en même temps ne pas bloquer la conférence éventuelle de la paix», en référence à la conférence internationale «Genève 2» initiée par Washington et Moscou pour ouvrir des négociations entre les belligérants syriens. Les Occidentaux, Barack Obama en tête avaient fait de l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad une «ligne rouge» à ne pas franchir, mais se sont montrés plus prudents par la suite.

La Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a dénoncé mardi l'usage de «quantités limitées d'agents chimiques» dans au moins quatre occasions en Syrie, en mars et avril, dans son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'homme, sans pouvoir identifier précisément la nature de ces agents ni leurs utilisateurs. Le sarin est un puissant gaz neurotoxique, inodore et invisible. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte.