Grande-Bretagne: Nick Clegg veut moraliser la vie politique après un nouveau scandale

MONDE Des élus travaillistes et un conservateur ont proposé leurs services en échange d'argent...

avec AFP

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Le vice-Premier ministre britannique, Nick Clegg, le 7 janvier 2013, à Londres (Grande-Bretagne).
Le vice-Premier ministre britannique, Nick Clegg, le 7 janvier 2013, à Londres (Grande-Bretagne). — A.GRANT / AFP

Le vice-Premier ministre britannique, Nick Clegg, a réaffirmé ce lundi sa «détermination» à mener à bien une réforme parlementaire pour moraliser la vie politique, après un nouveau scandale visant des élus.

Le leader du Parti libéral-démocrate a tenu ces propos dans la foulée d'une nouvelle affaire éclaboussant quatre parlementaires, dont deux élus travaillistes (opposition) et un conservateur (au pouvoir), filmés à leur insu en train de proposer apparemment leurs services en échange d'argent.

«Le côté trouble de la politique britannique»

Dans une lettre publiée dans le Daily Telegraph lundi, Nick Clegg dénonce «le côté trouble de la politique britannique» où «des parlementaires sont accusés de profiter de leur position, et des hommes d'affaires de trop les approcher». «Notre système politique nécessite une réforme en profondeur», estime le numéro deux du gouvernement.

Jusqu'à présent, les engagements du gouvernement de coalition, composé des conservateurs et des libéraux-démocrates, à moraliser la vie politique ne se sont pas concrétisés. Mais Nick Clegg a saisi l'occasion du dernier scandale parlementaire en date pour réaffirmer sa volonté de mener à bien deux réformes: la possibilité de renvoyer un député en cas de «comportement grave» et l'établissement d'une liste des lobbyistes autorisés auprès du parlement.

«Un député coupable de comportement grave pourrait être forcé de démissionner si suffisamment d'électeurs de sa circonscription le souhaitent», avance Nick Clegg. «Ce nouveau mécanisme ne doit pas donner lieu à des abus de la part d'opposants politiques qui cherchent à évincer» un député, mais «s'il est bien conçu», «il réaffirmera le principe que les députés servent le peuple, et que ce dernier a le dernier mot», ajoute-t-il.

Démissions et suspensions

Nick Clegg défend aussi l'établissement d'une liste des lobbyistes, estimant qu'«une plus grande transparence» était la «clé» pour éviter des excès. D'ici la fin de la législature, dans deux ans, il est possible de prendre «des mesures pour créer une vie politique plus propre, meilleure, dans laquelle le peuple pourrait avoir confiance», conclut-il.

A la suite des révélations de la BBC et du Daily Telegraph, le député conservateur Patrick Mercer a démissionné vendredi de son groupe parlementaire. Et dimanche, le Parti travailliste a suspendu deux des Lords soupçonnés, Jack Cunningham et Brian Mackenzie, tandis qu'un troisième, John Laird, du Parti unioniste d'Ulster, a démissionné de son groupe parlementaire, en attendant les résultats d'une enquête.