Areva, symbole de la France, touché au Niger

TERRORISME Le groupe, déjà touché en 2010 par l’enlèvement de sept de ses salariés et de son sous-traitant Sogea-Satom, une filiale du groupe Vinci, a annoncé un renforcement de la sécurité sur ses différents sites...

Bérénice Dubuc avec AFP
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Un homme marche devant l'entrée de la mine d'uranium du groupe Areva à Arlit, au Niger.
Un homme marche devant l'entrée de la mine d'uranium du groupe Areva à Arlit, au Niger. — ISSOUF SANOGO / AFP

Un double attentat à la voiture piégée a visé ce jeudi l'armée nigérienne et le groupe français Areva dans le nord du Niger. L’explosion au camp militaire d'Agadez a fait 20 morts et 13 blessés, dont six graves. L’un des kamikazes s'est enfermé dans un local avec des otages élèves officiers. Environ une demi-heure après, un autre véhicule a explosé sur le site d'uranium d'Areva à Arlit. Le kamikaze est mort dans l'explosion, faisant 50 blessés. Areva a de son côté fait état d'un mort et 14 blessés parmi ses salariés nigériens.

Jeudi à 23h, le gouvernement nigérien annonçait que le kamikaze retranché au camp militaire d'Agadez avait fini par être «maîtrisé». «Tout le monde a été maîtrisé, l'opération est terminée», a déclaré le ministre de la Défense Mahamadou Karidjo.
Il a assuré qu'il n'y  avait pas eu à proprement parler de «prise d'otages» dans l'enceinte  même du camp, comme annoncé plus tôt par le ministre de l'Intérieur.

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Deuxième producteur mondial d'uranium, le groupe extrait plus du tiers de son minerai au Niger, qui éclaire une ampoule française sur trois. Le groupe, déjà touché en 2010 par l’enlèvement de sept de ses salariés et de son sous-traitant Sogea-Satom, une filiale du groupe Vinci, a annoncé un renforcement de la sécurité sur ses différents sites, assuré par les forces nigériennes. Cependant, le groupe n’entend pas quitter le Niger: ses salariés à Imouraren ont travaillé comme d’habitude ce jeudi.

Hollande veut «anéantir» les auteurs des attaques

Le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l’un des groupes islamistes armés liés à Al-Qaida qui occupaient le nord du Mali depuis 2012 avant d'en être chassé en janvier par les troupes françaises, a revendiqué cette double attaque «contre les ennemis de l'islam au Niger». Le porte-parole du Mujao a souligné avoir «attaqué la France, et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia», menaçant de «continuer les attaques contre la France et tous les pays qui sont avec la France contre l'islam dans la guerre du nord du Mali».

François Hollande a averti que Paris appuierait «tous les efforts des Nigériens pour faire cesser la prise d'otages» et «anéantir» les auteurs des attaques. Il a ajouté que la France n’interviendrait pas au Niger «comme nous l'avons fait au Mali, mais nous aurons la même volonté de coopérer pour lutter contre le terrorisme».

«Ces attentats ne viennent pas surajouter au risque»

En France, le plan Vigipirate est toujours au niveau «rouge». «La menace qui pèse sur la France est déjà élevée. L’intervention au Mali accroît le ressentiment des extrémistes. Les attentats au Niger ne viennent pas surajouter au risque, mais le contexte général peut être incitatif pour des terroristes préparant une action depuis longtemps sur le sol français», explique Louis Caprioli, ancien responsable de la lutte contre le terrorisme à la DST et conseiller du groupe GEOS.

En effet, le double attentat au Niger survient au lendemain du meurtre d'un soldat poignardé à Londres par deux extrémistes islamistes. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a souligné que la France «fait face à un terrorisme extérieur» et à «un terrorisme intérieur, hybride, avec des individus qui peuvent s’autoradicaliser». Et d’ajouter: «Nous sommes mobilisés face à la menace terroriste.