Suède: Stockholm vit sa troisième nuit d’émeutes

MONDE La mort d’un homme, abattu par la police, a déclenché les événements…

C.B. avec AFP

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Une voiture flambe dans le quartier de Kista.
Une voiture flambe dans le quartier de Kista. — Fredrik Sandberg/AP/SIPA

Des voitures incendiées, des boutiques et des écoles saccagées, des policiers et des pompiers agressés… La nuit à Stockholm a été très mouvementée. Comme elles le sont toutes depuis dimanche, depuis la mort d'un homme de 69 ans, abattu par la police alors qu'il menaçait plusieurs agents d'une machette.

Cet homme était un résident de Husby, une banlieue pauvre de Stockholm où la population d'origine immigrée est très forte. C’est dans ce quartier qu’ont débuté les incidents, dimanche, avant de se propager à d’autres banlieues et à la ville de Stockholm. 

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a depuis pris la parole à plusieurs reprises. D’abord pour attribuer certains des problèmes à l'échec des politiques d'intégration des immigrés. Ensuite pour dénoncer ces actes: «Il est important de se rappeler que brûler la voiture de son voisin n'est pas un exemple de la liberté d'expression, c'est du hooliganisme», a-t-il déclaré à l'agence de presse suédoise TT, avant d’affirmer que «chacun (devait) prendre ses responsabilités pour rétablir le calme».

«Vagabonds, singes et nègres»

Depuis l'entrée de l'extrême droite au Parlement en 2010, les questions d'immigration ont été de plus en plus présentes dans le débat public en Suède. «La Suède est un pays qui reçoit de grands groupes d'autres pays. Je suis fier de cela», a déclaré le chef du gouvernement. Il a ajouté qu'il y avait «souvent une période de transition entre les différentes cultures», que le gouvernement cherchait à faciliter par l'amélioration de l'enseignement de la langue suédoise.

Lundi, des militants locaux du quartier de Husby avaient organisé une conférence de presse et déclaré que la police les avait traités de «vagabonds, de singes et de nègres». Les tours de Husby ont été construites au début des années 1970. Quelques 12.000 personnes y vivent et 80% d'entre elles sont issues de l'immigration.

En 2007, les autorités avaient lancé un programme ambitieux pour réhabiliter les banlieues défavorisées du nord de Stockholm, mais le taux de chômage des jeunes reste l'un des plus élevés de Suède.

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