Tunisie: Un mort et une quinzaine de blessés lors de heurts entre salafistes et policiers à Tunis

MONDE Des affrontements opposaient dimanche policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis, faisant un mort et des blessés, après l'interdiction du congrès du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashariaa dans la ville de Kairouan...

avec AFP

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Des affrontements opposaient dimanche policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis, faisant une quinzaine de blessés, après l'interdiction du congrès du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashariaa dans la ville de Kairouan.
Des affrontements opposaient dimanche policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis, faisant une quinzaine de blessés, après l'interdiction du congrès du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashariaa dans la ville de Kairouan. — Khalil AFP

DERNIERE INFO 19h45: Un manifestant a été tué ce dimanche, a indiqué à l'antenne de la radio Express-FM une responsable de l'hôpital dans lequel le jeune homme est décédé.

Des affrontements opposaient dimanche policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis, faisant un mort et une quinzaine de blessés, après l'interdiction du congrès du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashariaa dans la ville de Kairouan.

La surveillante générale de l'hôpital Mongi Slim de la Marsa, Mounira Ben Ghazi, a annoncé en fin d'après-midi à la radio Express-FM la mort d'un des manifestants, Moez Dahmani, né en 1986.

 

 

 

Faute d'avoir pu tenir son congrès à Kairouan (150 km de Tunis), bouclée par un impressionnant dispositif de sécurité, Ansar Ashariaa a appelé dans la matinée ses partisans à se rassembler Cité Ettadhamen, bastion salafiste à 15 km à l'ouest de la capitale, déjà théâtre d'affrontements moins graves la semaine dernière.

En milieu de journée, des heurts ont éclaté dans ce quartier où des centaines de salafistes ont érigé des barricades avec des pneus en feu. La police a répliqué avec des tirs de sommation et de lacrymogènes puis déployé des blindés et des bulldozers pour disperser les militants et détruire les barricades.

Jets de pierre et de cocktails Molotov

Les salafistes se sont repliés dans le quartier voisin, Intilaka, où les heurts se poursuivaient vers 16H00 (15H00 GMT). La police essuyait notamment des jets de pierre et de cocktails Molotov.

«Lors des protestations, onze agents de sécurité ont été blessés, dont un grièvement, ainsi que trois manifestants, dont un est gravement blessé», selon le ministère de l'Intérieur qui évoque «plus de 700 (...) islamistes extrémistes» équipés de «mélanges incendiaires, de projectiles et d'armes blanches».

Le ministère n'a pas donné de précisions sur la nature des blessures ni sur le nombre d'émeutiers interpellés.

Soutien d'Aqmi

Al-Qaïda au Maghreb islamique a d'ailleurs exprimé samedi soir son soutien à Ansar Ashariaa, tout en appelant les militants tunisiens à ne pas céder aux provocations des autorités.

«Ne vous laissez pas provoquer par le régime et son barbarisme pour commettre des actes imprudents qui pourraient affecter le soutien populaire dont vous bénéficiez», a déclaré Abou Yahia al-Shanqiti, membre du comité d'Al-Charia d'Aqmi.

Accusations de laxisme

Ennahda a longtemps été accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules jihadistes. Il a cependant considérablement durci sa position depuis que 16 militaires et gendarmes ont été blessés entre fin avril et début mai par des mines posées par des groupes armés traqués à la frontière avec l'Algérie.

Ansar Ashariaa accuse de son côté Ennahda de mener une politique anti-islamique et a menacé le gouvernement d'une «guerre». Depuis la révolution de 2011, la Tunisie a vu se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.