Etats-Unis: Obama empêtré dans une série d'affaires embarrassantes

MONDE Certains observateurs et éditorialistes ressuscitent le fantôme de Nixon...

avec AFP

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Groupes conservateurs visés par des agents du fisc, incohérences apparentes sur Benghazi, saisie de relevés téléphoniques de journalistes: l'administration de Barack Obama est empêtrée dans une série d'affaires embarrassantes dont ses adversaires républicains se sont emparés.
Groupes conservateurs visés par des agents du fisc, incohérences apparentes sur Benghazi, saisie de relevés téléphoniques de journalistes: l'administration de Barack Obama est empêtrée dans une série d'affaires embarrassantes dont ses adversaires républicains se sont emparés. — Jim Watson AFP

Groupes conservateurs visés par des agents du fisc, incohérences apparentes sur Benghazi, saisie de relevés téléphoniques de journalistes: l'administration de Barack Obama est empêtrée dans une série d'affaires embarrassantes dont ses adversaires républicains se sont emparés.

La Maison Blanche se sent-elle «assiégée» par ces dossiers qui ont suscité des accusations d'«abus de pouvoir» venant du Congrès? «Absolument pas», a répliqué mardi Jay Carney, porte-parole du président des Etats-Unis qui a été bombardé de questions à leur sujet.

Comme Barack Obama la veille, Jay Carney a répété qu'il serait «scandaleux» que l'IRS, le fisc américain, ait à dessein enquêté sur des groupes issus de la mouvance d'ultra-droite «Tea Party».

Bien que l'IRS ait déjà présenté des excuses en fin de semaine dernière, le porte-parole a appelé à attendre les résultats de l'enquête administrative qui a été ouverte. En outre, le ministre de la Justice Eric Holder a annoncé mardi une autre enquête qui devra déterminer si ces faits présumés sont délictueux.

Les Républicains parlent d«abus de pouvoir»

Mais le Congrès n'a pas attendu pour lancer ses propres enquêtes et des auditions vont commencer cette semaine au Capitole. «L'administration a eu une semaine difficile, mais la semaine a été encore plus dure pour le premier amendement» de la Constitution qui sanctuarise la liberté d'expression, a grincé mardi le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, dénonçant un «abus de pouvoir éhonté et digne de voyous».

L'administration Obama se trouvait déjà sur la défensive dans l'affaire de l'attentat de Benghazi, en Libye, qui a coûté la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur le 11 septembre 2012.

Les élus républicains reprochaient à l'exécutif d'avoir voulu taire le caractère «terroriste» de cette attaque pour ne pas handicaper les chances de réélection de Barack Obama à la présidentielle de novembre, des accusations jusqu'à récemment rejetées par son équipe.

Or, celle-ci a dû reconnaître que les «éléments de langage» fournis par la CIA dans la foulée de Benghazi avaient bien été édulcorés pour éviter de prêter le flanc à la critique.

Motivations «politiciennes»

Certains conservateurs, élus ou éditorialistes, évoquent désormais ouvertement le fantôme du scandale du Watergate qui avait coûté sa présidence à Richard Nixon en 1974.

«Les gens qui effectuent ce genre de comparaisons devraient réétudier l'histoire», a riposté Jay Carney mardi en reprenant la ligne officielle de la Maison Blanche depuis fin 2012: l'affaire Benghazi n'en est pas une, elle répond à des «motivations politiques» de ses adversaires.

Une nouvelle couche de scandale est venue s'ajouter lundi aux soucis de Barack Obama, lorsque l'agence de presse Associated Press (AP) a annoncé que deux mois de relevés d'appels de certains de ses journalistes avaient été saisis à l'instigation du parquet fédéral.

Mardi, Jay Carney a assuré que Barack Obama soutenait le premier amendement mais qu'un «équilibre» était nécessaire entre les libertés publiques et l'impératif d'enquêter sur des pratiques criminelles. Holder a affirmé de son côté que les saisies chez AP --liées à un article sur un complot terroriste déjoué au Yémen-- étaient liées à une enquête sur «un problème très grave» qui «mettait les Américains en danger».

Cette soudaine convergence d'affaires intervient à un moment délicat pour Obama: les Etats-Unis subissent toujours une cure d'austérité forcée faute d'accord au Congrès et son bilan législatif en 2013 reste squelettique, après notamment l'échec d'une réforme de l'encadrement des armes à feu.