Le mufti de Jérusalem libéré après six heures d'interrogatoire

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The Mufti of Jerusalem and Palestine, Sheikh Mohammed Hussein passes through an iron gate as he crosses an Israeli checkpoint in the occupied West Bank city of Hebron to go to the Ibrahimi Mosque or the Tomb of the Patriarch on March 25, 2013. The Ibrahimi Mosque and the Tomb of the Patriarch will be closed to Muslims on March 27 and 28 due to the Jewish holiday of Pesach (Passover). AFP PHOTO/HAZEM BADER
The Mufti of Jerusalem and Palestine, Sheikh Mohammed Hussein passes through an iron gate as he crosses an Israeli checkpoint in the occupied West Bank city of Hebron to go to the Ibrahimi Mosque or the Tomb of the Patriarch on March 25, 2013. The Ibrahimi Mosque and the Tomb of the Patriarch will be closed to Muslims on March 27 and 28 due to the Jewish holiday of Pesach (Passover). AFP PHOTO/HAZEM BADER — Hazem Bader AFP

Le mufti de Jérusalem, la plus haute autorité religieuse dans les Territoires palestiniens, a été libéré ce mercredi après six heures d'interrogatoire sur son implication présumée dans des troubles sur l'esplanade des Mosquées, a annoncé la police israélienne.

«Le mufti a été libéré après six heures d'interrogatoire sur les incidents de mardi sur le Mont du Temple (l'esplanade des Mosquées) et sur ses déclarations récentes à propos de ce site», a affirmé à l'AFP Micky Rosenfeld, porte-parole de la police. «Il n'a pas été inculpé», a-t-il ajouté, sans donner d'autre détail.

Le mufti, Mohammed Hussein, avait été conduit dans la matinée par des policiers depuis son domicile jusqu'à un poste de police, où il a été interrogé. «Il est soupçonné d'être impliqué dans les troubles qui se sont produits hier (mardi) au mont du Temple», avait expliqué Micky Rosenfeld. «Des chaises ont été jetées sur un groupe de juifs au mont du Temple» -- l'esplanade des mosquées pour les musulmans--, a-t-il précisé.

Dans la journée, les députés jordaniens ont voté une mesure réclamant au gouvernement d'Amman l'expulsion de l'ambassadeur israélien Daniel Nevo, évoquant en particulier l'arrestation du mufti, a rapporté l'agence officielle Petra.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné dans un communiqué l'arrestation du mufti «par les autorités d'occupation israéliennes», évoquant «une atteinte flagrante à la liberté de culte». Son Premier ministre Salam Fayyad, un modéré, a qualifié la détention du mufti de «grave escalade».

Le ministre palestinien chargé de Jérusalem, Adnane al-Husseini, a dénoncé dans un communiqué «cette arrestation provocatrice au moment où les forces d'occupation israéliennes protègent des gangs de colons extrémistes, qui terrorisent les familles palestiniennes à travers Jérusalem-Est occupé».

«Journée de Jérusalem»

«Aujourd'hui, les colons israéliens, soutenus par le gouvernement, célèbrent leur "Jour de Jérusalem", marquant l'occupation par Israël de la capitale de la Palestine», a-t-il expliqué.

L'esplanade des Mosquées, qui abrite la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, est le troisième lieu saint de l'islam. L'esplanade est bâtie sur le site du Mont du Temple, l'endroit le plus sacré du judaïsme. Le Mur des Lamentations est le principal vestige du second temple, détruit par les Romains en l'an 70 de l'ère chrétienne.

Mercredi, Israël célèbrait la «Journée de Jérusalem», qui marque l'anniversaire de la conquête israélienne de Jérusalem-Est lors de la guerre des Six-Jours en juin 1967.

Des dizaines de milliers d'Israéliens ont participé dans l'après-midi à des marches et des cérémonies sionistes, et «des milliers de policiers ont été déployés dans et autour de Jérusalem» pour assurer la sécurité, a précisé M. Rosenfeld.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale «unifiée et indivisible» mais la communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion de la partie orientale de Jérusalem, à majorité arabe, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.