Visite historique du président birman à Washington attendue en mai

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Le porte-parole du président Thein Sein a lui accusé HRW d'avoir fait coïncider ce rapport avec la réunion européenne. "Le gouvernement ne prêtera pas attention à un tel rapport partial", a insisté Ye Htut sur sa page Facebook.
Le porte-parole du président Thein Sein a lui accusé HRW d'avoir fait coïncider ce rapport avec la réunion européenne. "Le gouvernement ne prêtera pas attention à un tel rapport partial", a insisté Ye Htut sur sa page Facebook. — Michael Bradley AFP

Le président birman Thein Sein est attendu à Washington en mai pour une visite historique, signe du soutien des Etats-Unis aux réformes de son gouvernement, a indiqué jeudi une source parlementaire américaine.

Un responsable américain a parallèlement annoncé l'assouplissement de la politique des visas à l'égard de la Birmanie. Thein Sein sera le premier dirigeant birman à se rendre en visite officielle à Washington depuis que Ne Win, chef de la junte alors au pouvoir, avait été invité en 1966 par le président Lyndon Johnson. Il est attendu autour du 20 ou du 21 mai, a précisé à l'AFP cette source, qui a souhaité garder l'anonymat.

Fin de l'embargo sur les visas

L'ancien général devrait rencontrer Barack Obama à la Maison Blanche. Celle-ci n'a pas commenté cette information mais elle avait indiqué récemment étudier la possibilité d'une telle visite. Autre étape dans la normalisation des relations bilatérales, Washington a mis un terme jeudi à son embargo de 1996 sur les visas accordés aux Birmans accusés d'avoir fait obstacle à la démocratie.

Cette interdiction visait fonctionnaires, policiers et même retraités, selon un responsable du Département d'Etat, qui a souhaité garder l'anonymat. «Clairement, beaucoup de gens dans ces catégories contribuent maintenant au processus de réformes et ont besoin de s'y engager» par des visites aux Etats-Unis, a indiqué le responsable.

«Un soutien à l'accélération du processus de réformes»

Les Etats-Unis reconnaissent «les importants changements opérés par le gouvernement birman et encouragent, poussent le gouvernement et la population birmane à continuer sur le chemin des réformes politiques et économiques». Des restrictions demeurent toutefois pour les visas de Birmans soupçonnés de violations des droits de l'Homme.

Un responsable du bureau du président Thein Sein n'a pas confirmé le voyage mais a salué l'assouplissement des restrictions de visas. «Nous voyons la fin de l'embargo sur les visas comme un soutien à l'accélération du processus de réformes», a-t-il déclaré sous couvert de l'anonymat. Barack Obama a effectué une visite historique en Birmanie en novembre dernier, juste après sa réélection. Il avait alors loué la transition en cours mais également appelé de ses voeux d'autres réformes, notamment concernant les minorités ethniques.

Multiplication des réformes

Thein Sein s'était pour sa part déjà rendu en septembre aux Etats-Unis pour assister à l'Assemblée générale de l'ONU. Mais il n'avait à cette occasion participé qu'à des réunions à New York. Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, son gouvernement a multiplié les réformes, permettant notamment le retour au coeur du jeu politique de l'opposante Aung San Suu Kyi, élue députée lors de législatives partielles en 2012.

Sa visite promet malgré tout d'être controversée en raison des violences qui ont eu lieu depuis un an contre les musulmans, et en particulier contre la minorité apatride des Rohingyas. L'association Human Rights Watch a récemment accusé la Birmanie de «mener une campagne de nettoyage ethnique» contre les Rohingyas confinés dans l'Etat Rakhine (ouest). Deux vagues de violences en 2012 y ont fait quelque 200 morts et au moins 140.000 déplacés. D'autres violences meurtrières ont touché ces derniers mois des Birmans musulmans du centre du pays.